Révolution informationnelle,
de quoi parle-t-on ?

Frédéric BOCCARA
économiste, membre du conseil national du PCF

L’expression « révolution informationnelle a été proposée par Paul Boccara pour caractériser les transformations technologiques en cours depuis l’apparition des ordinateurs au milieu du XXe siècle jusqu’aux usages les plus récents de l’intelligence artificielle, et pour mettre en évidence leur potentiel radical.

Ses premières formulations datent de 1983. C’est ensuite toute une théorie qui a été développée.

L’hypothèse théorique est que ces technologies ont une nature profondément nouvelle, bien différente de celle de la révolution industrielle avec ses différentes phases, et que cela entre en conflit avec des principes fondamentaux du système économique capitaliste tout en étant, dans la phase actuelle, récupérées et dévoyées en lien avec la crise systémique. On a un début de révolution des forces productives, sans révolution politique, ni de la structure sociale ni de la régulation économique et sociale.

Elle est en quelque sorte une base fondamentale qui nous permet de parler de conditions objectives radicalement nouvelles posées pour une révolution, d’une sorte de maturation révolutionnaire de nos sociétés, à l’échelle de l’histoire. Comme les débuts de la révolution industrielle entre le 14ème siècle et le 17èsiècle, avant les révolutions politiques et sociales apportant la société bourgeoise, le capitalisme et sa domination.

Mais dans le même temps les transformations technologiques peuvent apparaître, par exemple avec le capitalisme de plate-forme, comme un instrument supplémentaire d’exploitation.

Ainsi, il faut noter le rôle fondamental que ces transformations technologiques jouent dans l’idéologie et dans les représentations :

  • vision apologétique portée par certains. On pense à la startup nation d’Emmanuel Macron ou à la figure d’Elon Musk ;
  • vision catastrophiste, où ces transformations ne sont vues que comme n’apportant qu’un nouvel instrument d’exploitation et de mise en cause des libertés, d’asservissement réel et moral ;
  • vision conciliatrice surtout. On insiste sur la nouveauté mais sans en voir la radicalité et on va chercher à concilier logique capitaliste et révolution informationnelle, tout en conservant la logique capitaliste fondamentale, ce qui la conforte encore mieux.

A ces trois visions, nous opposons une analyse rigoureuse des transformations technologiques actuelles, pour y identifier les « potentiels révolutionnaires », mais dans une vision dialectique et historique : voyant les ambivalences, les questions ouvertes. Et surtout les contradictions majeures avec le système actuel et sa logique… et donc ce qu’il faut changer, en lien possible avec des luttes existantes ou à construire.

Quelques définitions

Information

Dans la révolution informationnelle, on fait effectuer certaines fonctions du cerveau humain (transformation de l’information, transmission de l’information) par des machines « informationnelles » (ordinateurs…). Ce ne sont plus les mains des êtres humains maniant l’outil – le geste – qu’on remplace par des machines-outils, comme c’était le cas dans les différentes étapes de la révolution industrielle.

Dans la réalité actuelle, deux processus s’entremêlent : l’achèvement de la révolution industrielle et la révolution informationnelle.

Les développements tout récents de ce que l’on appelle l’intelligence artificielle sont une étape nouvelle de la révolution informationnelle. D’une certaine façon, ils mettent encore plus clairement en évidence la pertinence de cette analyse théorique. C’est particulièrement frappant, par exemple, avec l’intervention des IA dites « agentiques » qui – tout en reposant sur des machines et des programmes informatiques conçus par des êtres humains – sont capables de définir automatiquement des algorithmes et de déclencher leur exécution là où, précédemment, l’intervention de programmeurs et d’opérateurs humains aurait été indispensable.

C’est une révolution des forces productives sociales, pas une révolution politique, ni encore dans les rapports sociaux. Elle est riche de potentialités, mais l’avenir n’est pas écrit ni prédéterminé.

L’information et les activités liées à elle prennent une place décisive, nouvelle. Mais ce qui est aussi nouveau, c’est le rôle des êtres humains par rapport aux moyens matériels. L’information se trouve, en partie et de plus en plus, « déportée » dans les moyens matériels jusqu’à être « agissante » à travers eux, et elle est séparée de façon nouvelle des êtres humains. Elle ouvre la voie à un nouveau type de relation entre êtres humains et machines d’une part, entre information et machines d’autre part, et entre humains et information enfin. De ce point de vue, on est plus proche de la radicalité historique de l’invention de l’écriture à la fin du néolithique.

Dans la mesure où cette révolution technologique informationnelle met en cause l’opération de production, opération fondamentale du système économique, et ses biais (en faveur du travail mort et du capital, contre le travail vivant et les capacités humaines), elle interroge profondément la régulation du système capitaliste : le régulateur fondamental (taux de profit), mais aussi ses règles (règles du marché, propriété intellectuelle, etc.).

Un exemple

Pour définir l’information, un exemple, certes stylisé, mais issu de la réalité peut mieux aider à appréhender une réalité mouvante et naissante, à l’échelle de l’histoire.

Avec la révolution informationnelle, la formule chimique d’un médicament n’est plus sur un document papier. Elle peut être directement active, dans le processus productif, lorsqu’elle cette formule est implantée dans un programme ou un ensemble de programmes informatiques qui contient les spécifications techniques pour contrôler et actionner les équipements productifs matériels qui fabriquent le médicament. L’information devient en quelque sorte une « information agissante ». On perçoit ici le changement de la relation humains/machines et de la relation information/humains : l’information s’est déportée dans la machine, tout en étant mise au point par les êtres humains.

Avant la révolution informationnelle, dans le capitalisme, existait une formule chimique d’un médicament et les spécifications techniques pour le fabriquer. Mais ces spécifications n’étaient pas directement agissantes, elles étaient sur du papier, dans la documentation technique. Leur utilisation restait étroitement liée à l’intervention des êtres humains. A présent, on a une sorte de découplage êtres humains/équipements matériels, avec une sorte d’autonomisation de l’information et son intégration agissante dans les équipements.

Notre conception de l’information n’est pas celle d’une information « code », dans une définition quantitative de l’information, à la Shannon, mais une conception de l’information comme sémantique, porteuse de sens : ce qui donne forme, qui porte sens. Elle est ce qui n’est ni matière, ni énergie, comme le remarquait Norbert Wiener (1948).

Surtout, l’information est en quelque sorte « sens potentiellement agissant », porteuse de sens. Non pas seulement « communication », mais on peut la définir à la fois comme ce qui est présent dans la matière sans être ni énergie ni matière, et comme potentiel pour « informer » la matière, au sens de lui donner forme, pour la transformer, transformer d’autres informations, transformer de la matière vivante, voire des personnes. On retrouve cette dernière idée dans la conception du grand philosophe moderne de l’outil et de la technique, Gilbert Simondon (1958), même s’il ne distingue pas suffisamment, pensons-nous, information et « connaissance ».

Signal, code, information

Il faut distinguer signal, code et information, ainsi que le fait Triclot (2008) dans sa thèse sur La constitution de la notion d’information. Le signal est la transmission au sens physique du terme, support physique du déplacement d’information et de son action. Le code est le support symbolique de l’information porteur de sens. L’information peut être transformée, et une nouvelle signification apparaît. L’information est indissociablement du signifiant et du signifié, ce qui est une conception très différente de l’information uniquement code ou objet.

Connaissance

En revanche, le terme « connaissance » peut être réservé aux êtres humains. Les économistes confondent souvent connaissance et information. La connaissance a besoin d’information, mais elle est plutôt résultat humain et capacité humaine à utiliser des informations, à les comprendre à leur donner un sens qui va au-delà de la signification directe. La connaissance est en quelque sorte du sens humain « pur », du sens humain conscient de lui-même.

Pourquoi ces distinctions ? Parce qu’il s’agit de distinguer ce qui est lié à l’intervention directe des humains, et ce qui est réalisé par les machines informationnelles. C’est l’information que ces machines transforment et transmettent.

Numérique

C’est l’information et non le numérique qui est la caractéristique essentielle de cette révolution technologique. Le numérique est important, comme une sorte de matière première (plutôt un moyen d’homogénéiser une matière transformée en « données ») ou comme un carburant, et ouvrant la possibilité à la transformation automatisée des informations, via le calcul. Donc le numérique est une condition de la révolution informationnelle, mais il n’en est pas une caractéristique essentielle. En outre, des systèmes analogiques perdurent, et rien ne dit que des formes analogiques de calcul, de type biologique plutôt qu’électronique, ou autre, ne pourraient pas voir le jour[1].

Données

Cela rend nécessaire une clarification sur la notion de « données » [2], rarement définie et rarement distinguée de celle d’information (Bachelard : « Rien n’est donné, tout est construit »). Les données sont des informations qui sont disponibles parce qu’elles sont collectées, saisies, extraites, prélevées en quelque sorte par un processus, c’est-à-dire construites par celui-ci, processus mis en place par quelqu’un, personne physique ou entité morale comme une multinationale, un État ou un service public pour une utilisation, par elle-même ou par d’autres. Informations données par « quelqu’un ». Mieux, elles sont des données lorsqu’elles appartiennent à un ensemble plus large, comme une « base de données » construite, ou même un ensemble de données « latentes », en quelque sorte disponibles sur le web, parce qu’elles ont été collectées d’une façon ou d’une autre. Ainsi, une entreprise comme Google constitue d’énormes ensembles de données au travers de l’accès gratuit de tout un chacun (ou presque) à ses outils et applications, en collectant au passage durant cet accès des informations sur cette personne, sur ses actions, etc. qui deviennent alors des données.

Originalité

Pourquoi insister tant sur l’information ? Parce que c’est précisément elle, son nouveau rôle, qui entraîne la nouveauté dans la relation entre les êtres humains et les moyens matériels de production, une forme de scission qui déporte l’information des humains vers les équipements. Mais aussi parce que l’information a un certain nombre de caractéristiques remarquables fondamentales, comme d’être partageable, caractéristiques qui s’opposent, du point de vue économique, aux caractéristiques des produits matériels.

Insister sur l’information, enfin, c’est insister sur les types d’activités liés à cette révolution technologiques, les activités de services et la dimension informationnelle de toutes les activités, y compris dans les activités industrielles, dites traditionnelles.

Ainsi, insister sur l’information permet d’aborder les choses en termes de rapport de classe, parce qu’on insiste sur ce qui change dans la relation entre travailleurs et moyens matériels, relation qui constitue la base matérielle fondamentale des classes de la société capitaliste.

Déjà avec la révolution industrielle, l’outil quittait en quelque sorte la main. Avec la révolution informationnelle, c’est l’information qui (pour partie) quitte le cerveau, en tant qu’information informant la matière, information agissante. Voyons bien aussi que ces machines nouvelles (informationnelles) peuvent véritablement créer de l’information ! L’IA générative en est un exemple.

C’est la relation entre êtres humains et moyens matériels
qui change.

Les activités informationnelles deviennent décisives (R&D, formation, réunions, élaboration de programmes, indicateurs pour vérifier les résultats des processus effectués par les machines informationnelles, et même de nombreuses activités de service, aussi bien que la fabrication des ordinateurs, téléphones, de leurs composants et autres machines « informationnelles », etc.). Indicateur indirect, l’emploi dans le tertiaire représente aujourd’hui plus de 75 % de l’emploi total, en France (y compris services aux personnes).

Caractéristiques économiques de l’information

Deux caractéristiques fondamentales : le partage et l’ubiquité

Le fait que l’information soit au cœur de cette révolution technologique a des conséquences fondamentales. Car l’information, par nature, se partage, à l’opposé d’un produit matériel.

D’autre part, une même information peut être simultanément en plusieurs endroits et utilisée par plusieurs personnes. Elle a un caractère d’ubiquité : elle peut être « ici » et « là » à la fois. Alors qu’un même produit matériel ne peut pas l’être, il est « ici » ou « là ». C’est un point fondamental.

Ainsi, une fois mise au point au sein d’une firme multinationale pharmaceutique, la formule chimique d’un médicament peut être immédiatement partagée, pour être utilisée dans son réseau de filiales du monde entier grâce à ces nouvelles technologies informationnelles à un coût quasi-nul, notamment si ce réseau existe déjà. C’est l’ubiquité. Alors que les machines servant à fabriquer ce même médicament doivent être produites en plusieurs exemplaires pour pouvoir être utilisées dans ces différents lieux. Il faut donc réaliser la même dépense autant de fois qu’il y a de machines.

Cette possibilité de partage de l’information à l’échelle du monde entier est la base du développement nouveau des firmes multinationales (FMN) et du développement d’un nouveau type de FMN, les FMN de la révolution informationnelle

Le partage est une notion plus large, plus générale, et même plus radicale, que les notions élaborées par Arrow et devenues classiques en économie de « non-rivalité » et de « bien public ».

Un certain nombre d’auteurs voient l’information uniquement comme un bien public pur (non exclusif, non rival). La caractérisation de l’information qui est faite dans l’analyse de la révolution informationnelle va au-delà de ces caractéristiques.

Certes, comme pour un bien public, l’information est difficile à approprier et l’exclusion de l’information diminue son utilisation. Mais cette exclusion n’est pas totalement impossible. Cependant et surtout, une utilisation socialement amoindrie de l’information abaisse l’efficacité d’ensemble de la production des autres biens. Ceci parce que les nouveaux résultats informationnels sont de plus en plus déterminants en tant qu’inputs du processus productif. Ainsi, assurer la « non-exclusion » peut avoir un « effet multiplicateur » sur la valeur ajoutée d’ensemble tandis que l’exclusion aurait un effet dépressif.

Ensuite, le partage de l’information n’a pas seulement pour effet de favoriser et de stimuler l’utilisation de ce qui est partagé (l’information), comme pour un bien public, mais en principe ce simple partage peut développer et renforcer la production (ou la création) de l’information elle-même. Par exemple, la maîtrise d’une nouvelle invention permet de faire d’autres découvertes.

Troisièmement, nous n’avons pas seulement des « externalités » (c’est-à-dire des effets économiques ne passant pas par le marché), de façon neutre. Les propriétés de partage de l’information (parmi lesquelles la non-excluabilité et la non-rivalité), dépendent elles-mêmes du développement des capacités humaines. Car l’accès à l’information ne se réduit pas à l’accès physique à un code. Cet accès nécessite la maîtrise du sens et du contenu de l’information. En conséquence, les propriétés de l’information (effet multiplicateur de valeur ajoutée, notamment) dépendent d’un certain type de “biais” économique en faveur d’un autre domaine : la formation, l’éducation.

Enfin, la propriété de partage que recèle l’information est une propriété plus large que la simple non-rivalité ou la non-excluabilité : l’information n’est pas consommée. Son usage ne la détruit pas, on ne l’use pas per se. C’est tout le contraire d’un équipement. Et même, l’usage de l’information par des utilisateurs d’un niveau élevé (des utilisateurs… « informés », et formés) peut la développer, comme c’est le cas dans le processus de la recherche et de la communication scientifique.

Conséquences économiques :
coûts, financiarisation, nouvelle efficacité, nouvelles contradictions

Le coût de création d’une information peut être très élevé, comme les dépenses de R&D pour élaborer la formule chimique. Mais, une fois l’information créée (la formule du médicament trouvée), elle peut être partagée et utilisée à un coût quasi nul. Le coût de création fonctionne alors comme un coût fixe au sein d’une même FMN (et même peut-être au-delà d’une seule FMN). Il peut être étalé quasiment sans coût supplémentaire sur une très grande échelle, voire dans le monde entier. Ce fait constitue une toute nouvelle incitation à baisser les coûts : par le partage le plus large. Mais ce partage est monopoliste. Il entraîne des contradictions nouvelles : la dépense financière pour acheter des filiales et élargir le réseau va contrecarrer ce gain, voire le dépasser. De même, pour éviter d’être rachetée et continuer à monopoliser l’information, la FMN va pousser sa valorisation financière, et donc les exigences de profit. Ceci évince encore plus dépenses de formation, les salaires et les dépenses sociales pour l’éducation.

Deuxièmement, les dépenses informationnelles tendent à devenir prédominantes. Or celles-ci sont majoritairement des dépenses humaines. On peut y compter à la fois les dépenses de mise au point des informations comme la R&D, qui compte en moyenne 60 % de dépenses salariales, mais aussi les dépenses de formation, y compris la formation initiale, ainsi que toutes les concertations et les gestions. On peut aussi y ajouter toutes les activités de services et d’appui à l’utilisation ou d’accueil.

Donc le développement informationnel pousse à rendre prédominantes les dépenses humaines (« coût du travail ») par rapport aux dépenses matérielles (coût du capital »).

Fondamentalement, comme on l’a dit plus haut, dans notre conception, l’information n’est pas que du code, elle est essentiellement du sens. C’est à dire qu’elle est indissociablement du signifiant et du signifié. On peut transformer le sens de l’information. Cette nouveauté est que l’on peut faire réaliser par des machines certaines opérations de transformation de l’information, de son traitement (calcul, surveillance, diagnostic, etc.) donc de transformation banalisée des signifiants, tout en opérant des transformations sur les objets signifiés – les produits.

Ces opérations nécessitaient auparavant l’intervention conjointe du cerveau humain et de la machine-outil, d’où les interactions nouvelles possibles avec la créativité spécifique des opérateurs humains eux-mêmes. Cela pousse à une autre organisation des temps de production. Mais aussi à une autre culture, y compris une autre conception de la technologie, tant dans ses relations avec les êtres humains qu’avec la nature.

Par ailleurs, puisque la pleine maîtrise de l’information, de ses résultats et de son usage repose sur les capacités humaines, alors le développement de ces dernières devient central, pour l’offre et en termes de contenu, et non plus seulement de considérer les salariés comme composante de la demande avec leur salaire.

La récupération actuelle de la révolution informationnelle par le système et par le capital, son façonnage dans un sens réactionnaire et ultra-capitaliste sont frappants. De même ses effets anthroponomiques possiblement délétères, jusqu’à une perte profonde de sens et de contrôle. Mais elle recèle aussi un potentiel d’efficacité et de libération décisifs. L’analyse théorique permet une approche plus dialectique de cette réalité et donc plus politique, c’est-à-dire de poser des enjeux de transformation sociale face à cette novation radicale.

Dans le capitalisme les équipements sont considérés comme du capital – valeur qui cherche plus de valeur – tandis que les êtres humains sont traités ― à travers le salariat capitaliste et ses institutions ― comme une marchandise fictive, la « force de travail » et un coût à réduire. Il faut changer cela radicalement. Accumuler plus de capital et de moyens matériels amène des cercles vicieux qui détruisent l’efficacité potentielle du partage informationnel. Il faut rompre avec la course à l’accumulation financière et matérielle. Et il faut un plein partage. Donc rompre avec les monopoles des FMN, notamment celui des technologies, et organiser les partages.

Réduire les êtres humains à une force de travail va à l’encontre des exigences économiques d’un plein développement de la révolution informationnelle qui exige une priorité aux dépenses pour les êtres humains et de favoriser leur créativité. Cela va aussi à l’encontre des exigences « sociétales », anthroponomiques d’intervenir sur les buts des activités sociales (cf. les lanceurs d’alerte). Viser à libérer les salariés du marché du travail avec une sécurité d’emploi et de formation est donc nécessaire.

Bibliographie

Boccara Frédéric (2006), « Les multinationales dans la révolution informationnelle : le défi de réseaux de partage non capitalistes, d’autres critères de gestion et de transformation radicale des institutions financières – Sortir des myopies théoriques », colloque Espace Marx, 19-20 mai, 6 p.

Boccara Paul (1992), « Révolution informationnelle et débuts possibles d’un nouveau type de régulation dans un système mixte ouvert », in Mondes en développement n° 79/80, Bruxelles, tome 20, p. 125-132

Boccara Paul (1993), « Débuts de la révolution informationnelle, marché et partages. Rapport ‘’capital/produit’’, guerre économique et défis d’une nouvelle régulation », Issues n° 45, p. 140-167

Greenan Nathalie, Hamon-Cholet Sylvie, Walkowiak Emmanuelle (2003) : « Autonomie et communication dans le travail : les effets des nouvelles technologies », Premières Informations et Premières Synthèses, 2003-05, n° 20.1, Dares, 11 p.

Lavallée Ivan (2022), Cyberrévolution et révolution sociale, Le Temps des Cerises, 398 p.

Lucas Yvette (2026) « La révolution informationnelle », La Pensée, n° 424, octobre-décembre 2026

Marx Karl (1867-1894), Le Capital, édition française de 1976 en trois volumes, Éditions Sociales, 762 p., 524 p., 872 p.

Shannon Claude Elwood (1948), « A Mathematical Theory of Communication », Bell System Technical Journal, n° 27, p. 379–423 et p. 623–656, juillet et octobre

Simondon Gilbert (1958), Du mode d’existence des objets techniques, Aubier, inédit publié en 2012, 367 p.

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Triclot Mathieu (2008), Le moment cybernétique- La constitution de la notion d’information, Champ Vallon, 422 p.

Wiener Norbert (1948), Cybernetics or Control and Communication in the Animal and the Machine, Cambridge (Mass.) et New York, Hermann & Cie Éditeurs, The Technology Press et John Wiley & Sons Inc.

Wiener Norbert (1949), Cybernétique et société, traduction française parue en 1952 de Cybernetics and Society – The Human Use of Human Beings, Deux rives, 294 p.


[1] En réalité l’analogique perdure nécessairement à un endroit ou un autre à partir du moment où il faut qu’il y ait une relation entre l’information, sa transformation et le monde matériel tangible : soit parce qu’il faut des capteurs, soit parce qu’on cherche à produire un effet de l’information sur la matière.

[2] Data en anglais, du latin « les choses données ».

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