Pôle public du médicament et de la vaccination état d’urgence 

Le ministère chargé de la Santé informe de l’arrêt de prise en charge de la spécialité Zoladex à la demande du titulaire de l’AMM.

« Les spécialités ZOLADEX 3,6 mg et ZOLADEX 10,8 mg (acétate de goséréline), utilisées notamment dans la prise en charge de certains cancers de la prostate et du sein, ne seront plus remboursées en ville et ne seront plus accessibles en établissements de santé à compter du 15 décembre 2026. »

Cet arrêt de prise en charge a été autorisé par les autorités sanitaires après vérification de l’existence et de la disponibilité d’alternatives thérapeutiques permettant d’assurer la continuité de traitement des patients.

Le Zoladex, un traitement contre les cancers du sein et de la prostate, ne sera donc plus remboursé par la Sécurité sociale à partir du 15 décembre. La raison n’est ni un manque d’efficacité, ni à cause des effets secondaires. C’est le laboratoire AstraZeneca qui a demandé lui-même ce déremboursement.

Pourquoi cette demande ? Hypothèse : Pour une raison de prix.

En France, l’État encadre les prix des médicaments. Le tarif français est beaucoup plus bas que dans les autres pays où les prix sont libres.
Il faut conserver ce principe pour éviter que les laboratoires dictent leurs lois.

Le problème c’est que nous sommes dans un système capitaliste et que la règle d’or du marché européen et mondiale en vigueur, c’est « la concurrence libre et non faussée. »

En France, pour le dosage à 10,8 mg, le prix de vente fixé par l’État (hors marge du pharmacien) est de 257 € par boîte. En Allemagne, c’est 655 €. Pour le dosage à 3,6 mg, c’est 86 euros en France et environ 249 euros en Allemagne. Le Zoladex est beaucoup moins rentable en France qu’en Allemagne pour le laboratoire.

Quand la France refuse de payer le prix du marché, les fabricants préfèrent demander le déremboursement et choisissent de le vendre ailleurs et plus cher.

On peut négocier et discuter du vrai prix à payer. Mais compte tenu des politiques de réduction des dépenses de santé remboursées par la Sécurité sociale depuis des décennies, le contexte n’est pas favorable.

On peut dire d’une façon cynique que cette décision arrange le gouvernement et le laboratoire en même temps. Les pénalisés, ce sont les malades qui devront in fine payer plus cher pour garder le même médicament ou changer de protocole avec l’équipe médicale pour soigner le cancer du sein et le cancer de la prostate. Ce qui est loin d’être évident. Chaque personne ne réagit pas de façon identique aux traitements parfois très lourds. On vu les résultats calamiteux parfois avec les premiers génériques. Si les traitements médicaux sont de plus en plus individualisés, ce n’est pas pour rien.

Que faire ?

Immédiatement, on peut s’organiser pour fabriquer en urgence une copie/copie. C’est à dire un générique strictement identique au médicament princeps Zoladex qui est tombé dans le domaine public.

Les CHU possèdent des laboratoires de qualité. Ce serait peut-être aussi l’occasion de les moderniser, d’embaucher, de former. Il n’est pas sûr qu’il soit techniquement possible de fabriquer au niveau d’un laboratoire hospitalier un tel médicament. On peut essayer de trouver en coopération avec les laboratoires publics, un laboratoire privé en France qui fabriquerait aussi ce nouveau générique. Le pays serait reconnaissant à terme en pérennisant ce partenariat.

On peut regretter d’autant plus dans ce moment la vente de Biogaran le spécialiste du générique en France par le laboratoire Servier. L’option de la nationalisation avec des nouveaux droits pour les salariés et les usagers doit être proposée publiquement pour Sanofi, Servier et la filiale Biogaran. Nationaliser de façon pérenne en rassemblant largement la population afin de créer un pôle public du médicament et de la vaccination viable économiquement, c’est possible et nécessaire.

La création d’un pôle public du médicament et de la vaccination, recherche, fabrication, distribution, avec plusieurs laboratoires sous appropriation sociale et publique, devient de plus en plus indispensable à l’ensemble de la population.

Face à un marché capitaliste mondialisé et extrêmement agressif au niveau de sa stratégie purement financière, la pensée de biens communs progresse dans les esprits en France et dans la plupart des pays du monde.

En tout cas, cet épisode illustre la nécessité de disposer de ce pôle public le plus rapidement possible, car le prochain scandale à venir sera le retrait (ou l’absence d’arrivée) d’un médicament qui augmente la survie et qui ne dispose pas d’alternative. Ce serait alors une véritable catastrophe sanitaire, attention danger !

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*