Note de lecture :
Valérie Gonçalves et Éric Le Lann,
Énergie et Communisme, une vision d’avenir, Le Manifeste, 2021

Le nouveau livre Énergie et communisme, une vision d’avenir, aux éditions Manifeste, rédigé par Valérie Gonçalvès, syndicaliste du secteur énergétique et animatrice de la commission énergie du Parti Communiste Français (PCF), et Éric Le Lann, militant et auteur communiste, est le résultat d’un exercice technique et politique réussi. Le livre d’une petite centaine de pages établit une réflexion globale des enjeux du secteur énergétique, pour se plonger dans un état des lieux scientifique, économique et environnemental. Son contenu critique établit une vision d’avenir sur laquelle les militants PCF peuvent et doivent s’appuyer pour devenir force de propositions dans les débats.

Pour contextualiser le débat, Gonçalvès et Le Lann nous rappellent que les réseaux énergétiques, sous leurs différentes formes, sont les vaisseaux sanguins qui font vivre la France. C’est la matière première commune à tous qui alimente le tissu industriel de notre nation, les habitations des travailleurs, les petits commerces des quartiers, mais aussi les services essentiels du transport et de la santé ou encore notre monde culturel. C’est à travers les sources d’énergie, que nous pouvons nous chauffer, nous déplacer, cuisiner… Ce n’est pas un hasard si c’est l’électricité et le gaz que Marcel Paul, député communiste et syndicaliste, a nationalisé au lendemain de la guerre pour rebâtir le pays. La question énergétique n’est pas un sujet de niche, mais un levier essentiel à la construction d’une France nouvelle.

Le livre offre un panorama détaillé et accessible de l’état énergétique en France et en Europe : en quelques pages, la lectrice est introduite, entre autres, à l’état des importations énergétiques du continent, le bilan énergétique de la France, les origines des émissions de CO2… Cette mise en contexte permet au récit de nous projeter vers les choix qui ont été faits et leurs conséquences sur les grands enjeux de la transition énergétique, mis en dialogue avec la vision communiste. La question de l’électricité française décarbonée et de sa préservation est bien sûr essentielle où les auteurs justifient la nécessité d’investir dans notre parc nucléaire et hydraulique. L’électricité ne fait cependant pas tout le secteur énergétique, et il faut agir pour réduire les émissions de Gaz à effet de serre (GES) là où elles sont élevées : planifier le développement des transports grâce au fret et la voiture post-thermique ; altérer les logiques de l’habitat avec la rénovation énergétique des bâtiments ; investir dans les technologies de demain avec des moyens publics substantiels pour la recherche et le développement (R&D) … Les auteurs couvrent succinctement, mais efficacement chaque secteur énergétique, son impact, et les solutions que nous avançons en contraste avec les propositions libérales du gouvernement.

Energie et communisme conclut avec un exposé essentiel de la libéralisation et la privatisation qu’a souffert le secteur énergétique depuis la fin des années 90 sous le coup des directives européennes. De grandes entreprises nationales, publiques et efficaces, garantes du service public de l’énergie, furent privatisé, transformé en multinationales aux activités éparpillées à travers le monde, et sans cohérence industrielle. Ce modèle libéralisé, nous ne nous y opposons pas par nostalgie, mais parce qu’il a démontré tout seule son inefficacité : hausse structurelle des prix de l’électricité et du gaz, sacrifices des travailleuses et de travailleurs de l’énergie au gré des restructurations, profit faramineux d’actionnaires sur les subventions à la transition énergétique…

Ce projet libéral de la destruction du service public, Fabien Roussel, secrétaire national et candidat à l’élection présidentielle du PCF, y répond au début du livre dans une préface courte mais percutante. Il explicite le programme de notre parti : maîtrise publique à travers de nouvelles nationalisations d’EDF et d’Engie, restauration du statut d’Établissement public à caractère industriel (EPIC), réflexion quant au contrôle public de l’industrie pétrolière, et donc de Total, supermajor mondiale du secteur pétrolier. Ce grand service public de l’énergie doit s’appuyer sur un réel pouvoir de toutes les parties prenantes : citoyens, salariés et élus, et doit faire reposer l’effort financier sur la création monétaire des banques nouvellement nationalisé : une tout autre vision de l’énergie de demain. Pour beaucoup de leurs analyses et propositions, Gonçalvès et Le Lann reposent sur des cahiers d’acteur et des propositions de loi déposés par les élus du PCF. Ces documents, rédigés en annexe à la fin du livre, rappellent au lecteur que ce ne sont pas les idées et savoirs de deux militants auxquels ils s’exposent, mais le produit d’un projet collectif porté aux quatre coins de la France par les militants communistes. Ce livre est un effort pour rendre ces savoirs aux communistes et sympathisants non-initiés qui veulent à leur tour s’approprier les bases techniques et politiques du projet du PCF pour un grand service public de l’énergie digne de notre siècle.

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