L’emploi au cœur de l’affrontement de classes

Pascal Joly
Membre du conseil national du PCF | + autres articles

Nous sommes maintenant à cinq mois de prochaines échéances électorales qui peuvent être l’occasion de marquer le paysage de nos propositions. Malgré le zèle exercé par les médias pour détourner les gens, et singulièrement les salariés, des questions qui sont liées à leur appartenance de classe. Et pourtant rien n’y fait ! Les questions des salaires, du pouvoir d’achat et de l’emploi se révèlent comme des questions qui sont dans les premières préoccupations. Elles sont le terreau sur lequel peut grandir la mise en accusation du capital, la contestation de sa logique, et la mise en cause de son pouvoir, qu’il soit institutionnel et/ou économique. Car c’est bien cela que le capital financier redoute. Une prise de conscience généralisée, qui débouche sur des actions d’ampleur, avec des propositions qui prennent une telle force qu’elles en deviennent incontournables. Une mise en mouvement de couches sociales qui ont des intérêts communs, des intérêts de classe. Alors le gouvernement, avec le Medef derrière le rideau, essaie d’éteindre ce qu’il perçoit comme un début d’incendie social potentiel avec son chèque énergie de 100 euros. Un cataplasme sur une jambe de bois auraient dit les plus anciens ! Un chèque qui ne trompe pas grand monde quant à la nature réelle de ses intentions. Ils nous invitent à détourner le regard pour le tourner vers un leurre et nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Mais rien n’y fait. Les Français veulent une augmentation générale des salaires et des pensions !

Le monde du travail continue à être la cible de toutes les attentions pour poursuivre les politiques de régressions sociales. Alors que les difficultés et la pauvreté s’étendent et s’ancrent dans la société. C’est la réalité brutale du prétendu « ni droite ni gauche » ou du « en même temps » d’Emmanuel Macron et de son gouvernement. Avec des efforts démesurés pour laisser penser que la crise actuelle est le résultat de la situation sanitaire et non qu’elle trouve ses racines au cœur du système lui-même . Mais le vernis craque et les Français exigent un changement de cap. Toute la question est de savoir qui sera au rendez-vous de la colère exprimée et de cette exigence de changement. Le candidat communiste à l’élection présidentielle porte cette exigence avec des propositions concrètes, cohérentes, qui permettent d’engager ce changement tant attendu. En contestant les pouvoirs du capital. De l’État jusqu’au cœur des entreprises, en avançant l’idée d’une nouvelle appropriation des moyens de production, de nationalisations démocratiques. D’un changement de mode de production, plus efficace, plus humain, plus écologique. Avec des pouvoirs étendus et décisionnels pour les salariés. Car notre proposition de sécurisation de l’emploi, de la formation et du revenu ne peut pas se concevoir sans une avancée décisive des droits et des pouvoirs des salariés, des usagers. D’une démocratie qui ne s’arrête pas aux portes des entreprises. Conçu comme un attelage dialectique, et qui s’appuie sur des expérimentations partout où c’est possible. Donner des pouvoirs aux salariés, c’est aussi leur permettre de redonner du sens à leur travail à un moment ou beaucoup s’interroge sur sa finalité. Ou beaucoup contestent la seule logique du profit, qui s’étend et qui domine aujourd’hui au sein des entreprises, où la finance impose sa loi. Donner du pouvoir aux salariés, c’est précisément leur permettre de redonner du sens à leur travail. Fabien Roussel, candidat communiste à l’élection présidentielle apporte cette originalité qui en fait un cas unique dans ce marais ou cherchent à nous embourber tous les autres candidats. A l’heure ou ceux qui portent une responsabilité écrasante dans la situation de la gauche, s’érigent en donneurs de leçons et moralisateurs tutélaires de la gauche que François Hollande a si souvent trahie ! À tel point que cela en est devenu le marqueur principal de son quinquennat, ponctué par une fuite devant ses propres dégâts. Pas glorieux ! Justement, le sens de la candidature de Fabien Roussel est de lui redonner des couleurs, des valeurs, et d’avancer des propositions qui ne soient pas des rustines pour maintenir un système capitaliste qui s’estime en danger, contesté dans sa logique même ! L’ampleur de la crise appelle à des réponses d’envergure, à des changements de profonds de fondations. La proposition que font les communistes et de leur candidat à l’élection présidentielle, d’une sécurité d’emploi et de formation, est l’axe autour duquel s’articule un projet de société qui veut libérer l’être humain de la camisole capitaliste. L‘histoire nous enseigne, y compris la plus récente à l’échelle humaine, que toutes les compromissions entre le capital et le travail se soldent toujours in fine, par une victoire du premier et une défaite du second. Notre proposition de sécurité d’emploi et de formation est sans concession quant à ce qui nous permettrait de sortir de cette crise qui dure et qui s’aggrave, d’autant qu’elle est au cœur des luttes et des mobilisations sociales d’aujourd’hui, au cœur des réponses immédiates qu’il faut leur apporter. Chacun sent bien que l’emploi est au centre de l’affrontement de classe. Sinon, comment expliquer que le capital, ses serviteurs et sa cour, s’acharnent à ce point pour le détruire et en détourner le sens ? À le précariser dans une forme d’outrance ? Notre proposition peut s’alimenter des luttes en cours, les aider à leur donner de la puissance, les susciter comme le 21 novembre à Paris avec Fabien Roussel.

Car nous voulons rassembler sur des contenus qui s’attaquent à la racine des causes. Ne pas le faire serait une nouvelle fois semer des illusions quant à la nature de la crise, à la hauteur des réponses à lui apporter, et déboucher une nouvelle fois sur une déception alors que les précédentes ont déjà fait tant de ravages dans les consciences. Ce serait de l’irresponsabilité et une démission politique. Ou bien de la complicité. Mais ça c’est une autre affaire !

Nous n’avons pas de temps à perdre pour nous engager dans la bataille électorale. Eloignés d’une vision électoraliste, mais acharnés à faire grandir des propositions qui engagent un mouvement de fond résolu qui s’attaque au capital. C’est la raison pour laquelle les communistes ont décidé d’avoir un candidat, et c’est ce que porte Fabien Roussel, dans ce qu’il faut bien qualifier de percée du mur médiatique. C’est remarqué et remarquable. Tant mieux. Mais l’essentiel reste à faire. Gagner les voix et les consciences qui vont avec.

Un résultat le plus haut possible pour Fabien Roussel, et rien ne serait plus comme avant !

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