Projet de budget, dette :
engager la contre-offensive !

Décidément, es choix et la méthode d’Emmanuel Macron pour imposer sa politique, celle du Medef et du capital, ne passent plus !

Le péril, c’est la finance, pas la dette !

La dette n’est pas en soi le problème. Elle n’est que le symptôme des difficultés et la conséquence d’une politique de désindustrialisation et de destruction des services publics, bref d’une croissance malsaine, devenue atone.

Le problème de la dette, c’est d’une part sa charge : 66 milliards d’euros de taux d’intérêts pompés par les banques, fonds de pensions et d’investissements (premier poste budgété devant la Défense et l’Éducation nationale) et d’autre part, son utilisation. Tout cela nourrit la finance et met à bas le pays.

Si la dette pose un problème, ce n’est pas parce qu’elle atteint 3 303 milliards ; c’est parce qu’elle est largement utilisée pour des dépenses inefficaces voire perverses dont :

  • 211 milliards d’euros (42 % du budget de l’État) d’aides à des entreprises qui se font du gras sur le dos des citoyens (10,9 milliards d’euros en 2025 aux entreprises privées des ENR – Total, Iberdrola…) et/ou qui n’hésitent pas à licencier et délocaliser, et pratiquent des bas salaires et gavent les actionnaires…
  • les réductions de cotisations sociales et fiscales (suppression de l’ISF, réduction du taux de l’impôt sur les sociétés, instauration de la flat tax – plafonnement du taux de prélèvement sur les revenus du capital -, facilités nouvelles sur la TVA déductible, suppression de la taxe professionnelle puis de la CVAE, etc.). Autant de cadeaux qui contraignent l’État à emprunter sur les marchés financiers pour compenser et qui rendent inadmissible la baisse de la dépense publique…

Cadeaux fiscaux et sociaux aux grandes entreprises et aux ultra-riches combinés à une politique du crédit contre l’emploi, la formation et la transition écologique, conduisent à la casse des services publics, de l’industrie et au cancer financier. Utilisées essentiellement pour gonfler les dividendes et délocaliser, ces dépenses sapent les bases d’une croissance économique saine, fondée sur des activités réelles, utiles et efficaces. Cela engendre des déficits et fait s’accroître le poids de la dette par rapport au PIB.

Besoin de développer le pays

Vouloir réduire les déficits en baissant les dépenses publiques relève non seulement d’une violence sociale inouïe, mais d’une hérésie économique. Baisser les dépenses publiques, c’est affaiblir le pays et aggraver sa situation financière ! C’est continuer les politiques qui nous ont conduits là. C’est accélérer la récession qui vient. Le choix de l’économie de guerre en doublant le budget militaire d’ici 2027 renforce encore ce cercle vicieux austérité-dette.

Pour sortir des difficultés, il faut développer le pays : ses services publics, permettant une meilleure vie et appuyant le potentiel d’efficacité (recherche, santé, formation…) pour une production industrielle efficace et écologique. Détruire leurs emplois, réduire leurs missions et leur qualité, affaiblit le potentiel de relance et de croissance, et ruine la base des recettes fiscales et sociales, plongeant les déficits budgétaires dans une spirale sans fin de régression.

Il faut dépenser plus !

On s’est toujours sorti des difficultés d’endettement en développant le pays par un accroissement des dépenses, y compris par la dette en mobilisant les banques publiques. Ainsi a-t-on procédé après 1945. Il nous faut accroître les dépenses publiques pour embaucher (pré-embauches) et former dans les services publics ainsi que pour les salaires. D’où :

  • le besoin d’avances monétaires à taux faible, voire à 0 %, pour développer le pays et son activité, c’est-à-dire, pour des dépenses utiles répondant efficacement aux enjeux économiques, sociaux et écologiques de notre temps !
  • le besoin de libérer l’État de la tutelle des marchés financiers.

Nous proposons

Créer un Fonds d’avances pour les services publics, financé à bas taux (zéro voire négatif) par le pôle public bancaire (BPI, Caisse des dépôts, Banque postale). Son refinancement à 0 % par la BCE est compatible avec les traités européens actuels. Cette bataille, à mener en urgence avec les gauches en France et en Europe, ouvrirait la voie à la création d’un fonds européen de développement économique social et écologique pour les services publics.

Dépenser autrement : pré-recruter et former massivement des agents publics (éducation, hôpital, recherche, transport ferroviaire, énergie, …) ; changer les critères des aides publiques aux entreprises en les soumettant à des conditions d’emploi, de formation, d’écologie, sous contrôle des salariés et de leurs représentants.

Engager une refonte de la fiscalité : faire cesser la dégressivité fiscale : pour les ménages et les entreprises. Le taux de prélèvements des « gros » est plus faible que celui des « petits ». Il faut reconstruire une équité fiscale fondée sur une fiscalité directe et progressive. Utiliser pénalisation et incitation sur les entreprises, par des taux d’impôt sur les bénéfices modulés selon que l’entreprise développe l’emploi et l’investissement écologique.

Renforcer et développer la cotisation sociale, pour financer une bonne retraite à 62 ans, puis à 60 ans, en faisant cotiser les revenus financiers des entreprises, en renforçant la contribution des revenus financiers des ménages et en instaurant une modulation du taux de cotisation à la hausse pour les entreprises qui taillent dans l’emploi ou la masse salariale.

La TVA dite « sociale » est une imposture, car pesant bien plus sur les ménages modestes que sur les riches !

Nous appelons à la mise en débat de ces propositions et l’ensemble des forces syndicales, associatives, et politiques progressistes dont certaines s’étaient entendues sur le programme du NFP, à reprendre le chemin d’un large rassemblement pour le redressement du pays, sans lequel la porte du pouvoir s’ouvrira toute grande à l’extrême droite.