Clergerie, : au bout, la liquidation ?

PCF Drôme

Le 2 avril, le tribunal de commerce de Romans statuait sur le sort de l’entreprise Clergerie. Il se donne jusqu’au 8 avril pour prendre sa décision définitive. Et les nouvelles ne sont pas des meilleures. En effet il n’y a qu’un repreneur et ce dernier ne propose que de reprendre la marque et la vente. Finie la production de chaussures Clergerie à Romans. Elles seraient fabriquées en Espagne aux dernières nouvelles, mais les informations ont tendance à changer beaucoup depuis la fin 2024. Le repreneur est par ailleurs un des actuels détenteurs de Clergerie, le détenteur minoritaire qui dit s’être fâché avec le principal actionnaire américain Joe Ouakine ! Il faut cependant savoir que celui-ci vit également aux USA. Tout cela n’est pas clair et fait penser à un scénario malheureusement trop souvent rencontré.

Après la reprise en 2023 par le groupe américain Titan Industries, alors qu’un gros dégraissage d’effectifs avait déjà eu lieu, l’entreprise a périclité au point de se retrouver fin 2024 en redressement judiciaire et maintenant en liquidation… Une reprise qui fait penser à une opération de récupération de la Marque et faire produire ailleurs des chaussures à bas coût revendues chères dans quelques magasins de luxe. Quant à la qualité des produits cela n’a visiblement jamais été dans les standards de ce groupe.

En tout cas, une nouvelle charrette sociale se prépare. Sur la cinquantaine de salariés actuels, il n’en resterait qu’une moitié. Mais le tribunal de commerce au vu du dossier reprise peut prononcer la cessation définitive… Tout le monde serait alors sur le pavé.

Si tel était le cas, une page de l’histoire de la chaussure serait tournée à Romans. Une perte d’identité supplémentaire pour une ville qui depuis la fin des années 1990 n’a cessé de voir les emplois de la chaussure fondre comme neige au soleil. Et ses fleurons Kélian, Jourdan et maintenant Clergerie être abattus sur l’autel du capital…

Nous partageons l’amertume des salariés et leur colère. Au PCF, nous avons toujours soutenu qu’une industrie de la chaussure est viable à Romans. Il suffit de bien rémunérer les personnels, de les former régulièrement aux nouvelles techniques de productions, de disposer d’outils de travail modernes et performants. Cela signifie des apports d’argent dont les banques ont les moyens et d’alléger les charges financières (intérêts bancaires rémunérations des actionnaires). Nous regrettons par ailleurs amèrement le peu d’empressement des autorités locales (ville, agglomération, région) pour venir soutenir cette entreprise et travailler à une solution de relance pérenne. Quant à la présidence de la République à laquelle, le PCF s’était adressé, nous attendons encore une réponse.

Pourtant il y a besoin de produire en France, il y a besoin de conserver et de valoriser les savoir-faire. Au-delà d’une identité locale, c’est la vie économique et sociale de tout une localité qui est à nouveau frappée après la liquidation de la SFAM. Le temps est venu d’une autre considération des femmes et des hommes, de leurs capacités, bref d’un autre système !