Frédéric BOCCARA
Il faut se poser une double question : que faire et que viser ? C’est à dire articuler propositions immédiates et transformations ultérieures, en les distinguant mais pas en les opposant : des propositions immédiates qui ouvrent sur les transformations, vers une visée.
La visée générale : ni souverainisme et nationalisme, au nom de la protection des peuples, ni libre-échangisme fou au nom du retour à l’état antérieur, c’est-à-dire l’ultra-conservatisme des principes. Il faut changer les règles, oui ! Mais tout autrement : pas de façon brutale, imposée et, surtout, dans un autre sens.
Il faut viser une autre mondialisation de co-développement pour l’ensemble de l’humanité. C’est à l’ordre du jour. Il s’agit de mettre les forces en commun pour relever les défis, communs eux aussi, ou de même nature : services publics ; emploi de qualité, épanouissant et digne ; pauvreté-inégalités ; climat. Bref le développement des biens communs et de l’emploi.
La logique nouvelle
La question de fond, c’est qu’il faut des avances financières communes pour y parvenir. On ne peut pas rester dans l’enveloppe existante et il faut le faire en commun (en travaillant à ce que chaque pays y voie son intérêt). Il faut une création monétaire commune, aux différents échelons (national, zonal) jusqu’à une monnaie commune mondiale, et non une hégémonie. Et dans le même mouvement dégonfler la finance (les « bulles » financières) de façon organisée et maîtrisée. Cela se fait dans la mesure où cette création monétaire est affectée aux pays (à leurs banques centrales), de façon équitable (population, PIB…), et surtout avec des critères précis d’une nouvelle efficacité, sociale et écologique : pour le développement des capacités humaines de toutes et tous – services publics (y compris protection sociale), investissement s’ils développent l’emploi de qualité (ce qui est tout autre chose que « faire travailler » à tout prix). Soit un tout autre type de progrès de la productivité, par la baisse des coûts et prélèvements du capital pour développer ces capacités humaines et par un partage, une mise en commun, des coûts et infrastructures au lieu des oligopoles géants.
Il faudra nécessairement traiter l’international, la dimension européenne et la France simultanément. Car l’international n’est pas un « extérieur » déconnecté de nos économies, il lui est intérieur : par exemple, les multinationales (50% de l’emploi et de la valeur ajoutée des entreprises de France) agissent en France et sont simultanément à l’étranger, les taux d’intérêt internationaux ont un effet quasiment direct sur la charge d’intérêt de la dette publique, etc.
Un certain nombre de dirigeants économiques européens ne veulent pas entendre parler de création monétaire, ni de monnaie commune. Pour certains, toute création monétaire est inflationniste. Ils préconisent donc de mobiliser l’épargne et de faire des économies sur les dépenses publiques. Il faut bien voir que faire appel aux capitaux existants, à l’épargne, pour contourner la création monétaire c’est non seulement insuffisant quantitativement parlant (d’après l’OCDE, 24 000 milliards de dollars ont été empruntés en 2024 par les entreprises et les États, trois fois plus qu’en 2007, 10 000 de plus qu’avant la pandémie), mais c’est aussi faire appel à de l’argent qui, pour l’essentiel recherche la rentabilité, un taux de profit. Car sur les marchés financiers, c’est du profit recyclé qui circule. Des titres s’échangent comme des marchandises, au meilleur rapport rendement/prix. Faire appel à l’épargne, c’est surtout entrer dans une rivalité de guerre économique sur un stock de capitaux existants (« ruée mondiale sur les capitaux » à la une des Echos des 21-22 mars), ce qui va faire monter les coûts du capital, à commencer par les taux d’intérêt. C’est aussi ne pas voir toute l’organisation institutionnelle qui « fixe » jusqu’à l’épargne populaire dans des dispositifs au service du capital et dans la recherche de rentabilité (l’assurance-vie en France représente 2 000 milliards d’euros, les fonds de pension des retraités des Etats-Unis ou d’ailleurs sont considérables et plus ou moins obligatoires), ainsi qu’une petite partie, comme les livrets A, pour des besoins sociaux (logement social par exemple). La « débrancher » de ces dispositifs institutionnels est très complexe et heurte des intérêts très enchevêtrés. C’est pourquoi tabler uniquement, ou principalement, sur l’appel à l’épargne n’est pas pertinent.
Entraîner le monde dans une dynamique expansive, c’est non seulement contrer l’austérité, mais c’est aussi alléger les pressions pour s’approprier un gâteau donné. C’est le contraire des politiques mercantilistes qui ne sont pas seulement des politiques pour l’exportation, mais surtout considèrent que l’exportation doit se substituer à la croissance interne. Or la pression d’emprunts sur un même stock de capitaux existant contribue à faire monter les taux d’intérêts. De même, la bataille pour gagner des parts de marché sur un marché qui n’augmente presque pas renforce la concurrence et les pressions déflationnistes sur les prix et les salaires.
Mais cette dynamique expansive ne doit pas détruire la planète. C’est pourquoi un tournant vers une expansion sociale et écologique est absolument nécessaire, au rebours d’une économie de guerre, de consommation de matières et d’émission de gaz à effet de serre (GES). Et une dynamique d’expansion sociale et écologique est justement ce qui peut réunir et motiver différents pays, forces sociales, acteurs et institutions, cherchant à donner un sens nouveau aux politiques économiques, au-delà de leurs différences.
Il faut bien voir l’ordre de grandeur des besoins de financement. Pour le seul défi climatique, le GIEC évalue les besoins d’investissement à 3 % du PIB mondial, soit 3 000 milliards d’euros, pendant 20 ans. Ce ne sont que les investissements, il faut y ajouter les avances pour la formation, les embauches, et les autres dépenses humaines, de reconversion notamment, peut-être autant. Il faut y ajouter enfin les dépenses pour les services publics et la protection sociale, soit peut-être 9 000 à 12 000 milliards d’euros par an pendant 20 ans. Certes tout n’est pas financé par des avances, mais c’est considérable.
Or, pour donner une idée, la dernière émission monétaire du FMI a été d’environ 1 000 milliards de dollars en une fois et, de l’autre côté, la capacité de création monétaire de la Banque des BRICS est limitée à quelques centaines de milliards d’euros d’en-cours. Si on prend les choses par un autre bout, l’ampleur des dettes publiques mondiales accumulées, un peu moins de 100.000 milliards de dollars, montre d’une autre façon l’importance des besoins : avec une maturité moyenne de 10 ans, cela représente 10 000 milliards par an.
De nouvelles règles, institutions et outils internationaux
Plus précisément, il faut
- des protections sociales et écologiques, qui visent des contenus (par exemple le développement de l’emploi des deux côtés et la diminution commune des GES), et non du protectionnisme, qui, lui, vise des pays en tant que tels. Elles combineraient des taxations, lorsqu’on ne respecte pas ces règles, mais aussi des incitations positives (financées en partie par le produit des taxations) à se développer et à atteindre des normes sociales et environnementales. Ces fonds seraient gérés démocratiquement avec la participation de représentants des travailleurs des pays concernés. . Cela veut dire qu’on développe le site France, en appuyant les autres pays s’ils le font en commun avec notre développement ;
- des traités de maîtrise du commerce et des investissements dont la visée est le développement de l’emploi et des biens communs (santé, éducation, climat…), alors que la visée actuelle est de faire le maximum d’échanges et d’Investissements directs à l’étranger. Avec ces nouveaux traités internationaux de commerce et d’investissement, les échanges internationaux se feraient dans la mesure où ils développent l’emploi et les biens communs des deux côtés. . Cela combine nouveaux débouchés, nouveau contenu et développement.
Cela concerne bien sur nos relations avec les pays du Sud, ou d’autres pays développés comme le Canada. Mais aussi l’intra-UE, donc une remise à plat progressive des traités européens, à commencer par admettre le principe de coopération (au lieu de la concurrence libre et non faussée) et, pour les aides publiques, des critères sociaux, écologiques et d’équilibre géographique intra-UE ;
- une monnaie mondiale, véritablement commune, de développement des biens communs, de l’emploi et des services publics. Elle peut être développée à partir des droits de tirage spéciaux (DTS) existants et en engageant une réforme profonde du FMI (droits de votes, poids des monnaies dans les DTS, critères d’attribution des DTS, relation avec l’ONU et le PNUE[i]). La création monétaire de DTS serait affectée aux banques centrales des pays à taux très bas, si celles-ci financent le développement des services publics (y compris la protection sociale) et pour le crédit aux investissements des entreprises à taux d’autant plus bas que ceux-ci programment et développent des emplois et des réductions de GES. Cela permettrait « d’avaler », par un développement sain du PIB, les dettes mondiales, dont celle des Etats-Unis qui est la plus massive du monde (32 000 milliards de dollars, soit 36 000 milliards d’euros, plus de 133 % de leur PIB).
Concernant le FMI, en particulier, il faut savoir que les Etats-Unis y possèdent un droit de veto de fait (avec 16,49 % des droits de vote, puisque les décisions sont prises à une majorité qualifiée de 85 % des voix), tandis que la Chine n’a que 6,08 % des droits de vote, à peine plus que l’Allemagne (5,46 %), et que l’Inde (2,63 %) pèse moins que la France (4,03 %) ou même que l’ex-Bénélux (3,09 %). En outre, ces pourcentages déterminent aussi la répartition des DTS attribués lors de leur émission. Les Etats-Unis en reçoivent donc la plus grande part. Le G7 pèse et reçoit donc 37,21 % des DTS émis, tandis que c’est 14,14 % pour les BRICS et 16,85 % pour les BRICS+ (pour 51 % de la population mondiale et 27 % du PIB). Un premier pas serait que la moitié des droits de vote (et d’attribution des DTS) soit fonction de la population de chaque État. En outre, le système FMI – Banque Mondiale est indépendant de l’ONU… organisation qui est donc sans bras monétaires et financiers.
Pour aller vers ce changement, il faut organiser un sommet financier mondial. On peut avancer trois motivations rassembleuses à un tel sommet, comme autant d’arguments : le financement de la transition climatique, les déséquilibres mondiaux, les dettes publiques (y compris celle des Etats-Unis !). La crédibilité politique d’une telle proposition est appuyée par plusieurs éléments : il s’agit de développer ceci à partir de choses qui existent (les DTS), les dettes publiques sont un fardeau considérable pour tous les pays, y compris les États-Unis, les besoins sont gigantesques (on l’a dit), les Chinois ont depuis 2009 formulé une telle proposition. Donc tout cela plaide pour une mise à plat d’ampleur. D’autant plus que le besoin d’une réforme du système monétaire et financier a été exprimé officiellement, et son chantier ouvert dans les instances internationales, depuis la crise financière de 2008. Mais sans grand résultat…
Une perspective intermédiaire, mais accessible aux luttes immédiates
Au niveau européen, l’euro peut commencer à jouer un tel rôle. Au lieu de chercher à en faire encore plus un instrument de placement financier (et de collaboration avec les marchés financiers et le dollar), c’est-à-dire d’attraction de l’épargne pour la faire « fructifier » comme capital, et de financement de la course aux armements, donc dans les deux cas contre les capacités humaines et prédateur, on émettrait des euros pour développer les services publics (en priorité leur emploi-formation) et les investissements efficaces écologiquement et porteurs d’emploi. On dissuaderait les autres usages, notamment en les pénalisant fortement.
- un Fonds européen pourrait être créé pour le développement solidaire des services publics en Europe (PECO[2] inclus)
- la Banque centrale européenne (BCE) devrait appliquer des critères d’efficacité sociale et écologique à sa politique monétaire. Elle refinancerait les crédits bancaires aux investissements à bas taux sur critères écologiques, sociaux et d’équilibre géographique ; à taux très élevé, voire prohibitif, pour les délocalisations et les placements financiers, ou les investissements polluants, dans un premier temps tous les investissements aux Etats-Unis.
- un Fonds européen pour le co-développement avec Sud pourrait être créé, à partir d’une création monétaire en euros qui financerait les investissements s’ils développent l’emploi en commun et réduisent les émissions de GES des deux côtés.
Il y a à travailler le chemin de luttes et le chemin politique pour que ces propositions soient mises en œuvre.
Dans l’immédiat, on pourrait porter 5 propositions + 3 négociations comme exigence auprès du président et du gouvernement français, comme autant de revendications politiques :
- Un moratoire (en France) sur les plans de licenciements et plans « sociaux » et une adresse au pôle public bancaire et financier, qui existe déjà, pour qu’il appuie les propositions alternatives portées par les travailleur.se.s et les populations si elles préservent ou développent l’emploi-formation et réduisent les émissions de GES, à travers l’organisation de tables-rondes dédiées à l’examen de la situation et de propositions alternatives.
- Un Fonds européen solidaire pour les services publics intercalé entre la BCE et les États, financé par la création monétaire de la BCE (et le produit de la taxe Tobin), comme l’autorisent les traités (article 123.2), pour financer à 0 % les créations d’emploi et la formation pour les services publics.
- Une pénalisation des exportations de capitaux vers les Etats-Unis, tant que les mesures de guerre commerciales sont mises en œuvre, par une taxation de celles-ci et par une pénalisation du taux des prêts bancaires aux entreprises qui y exportent leurs capitaux (IDE ou investissements de portefeuille), ainsi que pour toutes les exportations de capitaux qui diminuent l’emploi en France ou accroissent les émissions de GES.
- La mise en place d’un véhicule national de financement du budget de l’État (un Fonds) pour accroître les dépenses publiques et sociales, alimenté par des avances à bas taux du pôle public bancaire national, dédié au financement de l’emploi-formation dans les services publics et d’une réindustrialisation écologique et sociale.
- Transformation des aides publiques aux entreprises pour qu’elles incitent à développer l’emploi et à préserver l’environnement.
Trois négociations internationales
- Engager avec les pays européens partenaires (dont l’Allemagne, l’Espagne…) la coopération de nos pôles publics bancaires et financiers nationaux existant dans l’UE pour financer à bas taux le développement des services publics, jusqu’à un Fonds européen solidaire.
- Engager les négociations internationales avec les pays du Sud global (Afrique, Asie, Amérique latine), dont les BRICS (Chine, Brésil en particulier), pour des traités de maîtrise des échanges et investissement internationaux pour le développement de l’emploi et des biens communs (santé, environnement, …)[3].
- Organiser les négociations internationales pour l’ouverture d’une conférence financière et monétaire mondiale de financement des biens communs (à partir des objectifs de développement durable de l’ONU) et des dettes publiques par une monnaie mondiale véritablement commune, pour sortir du système dollar.
Ce dernier point a la capacité de constituer une revendication commune des peuples et forces progressistes du monde entier, unissant les peuples du Nord et ceux du Sud global. Il constitue, en réalité, un enjeu de classe mondial.
Encadré
Mondialisation et globalisation
La globalisation désigne deux aspects enchevêtrés : géographique (international), et fonctionnel (global), la transversalité croissante des activités économiques, particulièrement de l’information comme de la logique du capital. Elle tend à faire que les processus économiques sont traversés par une même logique et les mêmes intérêts, soumettant tous les pays à une domination sans précédent des marchés, en particulier financiers, où peuvent opérer de grands fonds de capitaux spéculatifs. Pendant ce temps, les multinationales tissent leurs réseaux de production, financiers et informatifs, avec le soutien des États et des institutions internationales, mettant en concurrence tous les travailleurs, employés ou potentiels, et essayant d’exclure les pays qui ne se soumettent pas à cette logique.
Mais cette globalisation n’est pas la seule possible. Un autre type de globalisation est possible et nécessaire. Il ne s’agit pas du faux radicalisme de la « démondialisation » ou du « souverainisme ». Le monde a besoin de partager, de mettre en communs ses forces et ressources, et d’agir ensemble : du partage des brevets et des technologies pour produire des vaccins, à l’action commune contre le réchauffement climatique, mais aussi au partage d’informations sur la santé publique, sur les cyclones, jusqu’au partage des moyens financiers et monétaires pour répondre aux défis globaux inédits d’un développement social et écologique de l’ensemble du monde. Le partage, c’est du « global ». Mais il faut une autonomie de décision et d’intervention des peuples, donc coordination et démocratie.
La transversalité de l’information et des technologies, la transversalité des défis comme le climat, la transversalité de la domination du capital via la finance notamment, posent des questions nouvelles, exigeant donc des réponses nouvelles elles aussi.
Déjà en 1999, à La Havane, Paul Boccara disait « Il s’agirait d’organiser des maîtrises sociales effectives, étatiques et non étatiques, des marchés, des pouvoirs d’intervention des travailleurs et des citoyens, avec des principes de dépassement effectif des marchés capitalistes eux-mêmes (…). Ainsi, on pourrait faire reculer et commencer à dépasser la globalisation monopoliste pour avancer vers une globalisation de socialisation mutualisée dans l’intérêt des peuples ».
La même année, Fidel Castro concluait la même rencontre, faisant écho à Paul, en disant : « L’incroyable et inédite globalisation qui nous occupe est un produit du développement historique ; un fruit de la civilisation humaine (…) Est-ce un processus réversible ? Ma réponse, celle que je me donne à moi-même, est : non. Quel type de globalisation avons-nous aujourd’hui ? Une globalisation néolibérale ; c’est ainsi que beaucoup d’entre nous l’appellent. Est-ce durable ? Non. Pourra-t-elle subsister longtemps ? Absolument pas. Une question de siècles ? Catégoriquement non (…) Comment se produira la transition ? Nous ne le savons pas. Par le biais de vastes révolutions violentes ou de grandes guerres ? Cela semble improbable, irrationnel et suicidaire. Par le biais de crises profondes et catastrophiques ? Malheureusement, c’est le plus probable, presque inévitable, et cela se déroulera par des voies et des formes de lutte très diverses.
Quel type de globalisation sera-ce ? Il ne pourrait en être autrement que solidaire, socialiste, communiste, ou comme vous voulez l’appeler.
La nature, et avec elle l’espèce humaine, dispose-t-elle de beaucoup de temps pour survivre à l’absence d’un tel changement ? Très peu. Qui seront les créateurs de ce nouveau monde ? Les hommes et les femmes qui peuplent notre planète. Quelles seront les armes essentielles ? Les idées ; les consciences. Qui les sèmera, les cultivera et les rendra invincibles ? Vous [les participants à la rencontre, économistes et acteurs sociaux et politiques]. S’agit-il d’une utopie, d’un rêve parmi tant d’autres ? Non, car c’est objectivement inévitable et il n’y a pas d’alternative ».
[i] Programme des Nations unies pour l’environnement
[2] Pays d’Europe centrale et orientale
[3] La politique commerciale extérieure est du ressort de l’UE, mais rien n’empêche la France d’ouvrir des négociations. Ceci dans une double perspective : la préparation de négociations au niveau européen, mais, immédiatement, dans le cadre de l’activation de procédure s de sauvegarde des intérêts vitaux.
