Pour une transition où la finance sert les populations et la planète

Yiannis Bournous, Vice président du PGE (Parti de la gauche européenne) et dirigeant de SYRIZA

Nous nous trouvons à un carrefour. La crise climatique n’est pas seulement une question environnementale : c’est une crise de justice, de démocratie et de l’avenir de nos sociétés. À l’approche de la COP30, il est évident que le modèle actuel de financement climatique international est en échec. Les promesses faites sont trop modestes face à l’ampleur du défi, et les voix des citoyens et des pays du Sud global sont trop souvent marginalisées.

Ma vision de l’action climatique repose sur trois principes fondamentaux : la démocratie, la justice et l’investissement public. La transition vers un avenir durable ne peut être laissée aux marchés ou aux intérêts privés. Elle doit être un processus collectif et transparent, où les institutions démocratiques et les communautés façonnent les politiques qui affectent leurs vies.

Nous devons dépasser le cadre obsolète qui oppose le Nord global au Sud global. La crise climatique est un défi commun, et les solutions doivent l’être aussi. Cela signifie rejeter la logique du profit et donner la priorité aux besoins des populations et de la planète.

Propositions concrètes pour la COP30

  1. Investissement public massif dans les infrastructures vertes.
  2. Nous demandons une directive européenne juridiquement contraignante pour une transition juste, garantissant qu’aucun travailleur, aucune communauté ni aucune région ne soit laissé pour compte dans le passage vers une économie durable.
  3. Relever l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’UE de 55 % à 65 % d’ici 2030 et avancer la date de la neutralité climatique de 2050 à 2035.
  4. Propriété publique de l’énergie et des biens communs
  5. Remplacer le système actuel du marché de l’électricité en privilégiant la propriété publique de la production d’énergie renouvelable et en découplant entièrement les prix de l’électricité des marchés du gaz.
  6. Accélérer les investissements publics massifs dans le solaire, l’éolien et les projets énergétiques communautaires, en proposant des modèles d’énergie verte aux ménages et aux petites entreprises à des prix abordables.
  7. Contrôle démocratique et participation citoyenne
  8. Le financement climatique doit être soumis à un contrôle démocratique et à la participation des communautés, garantissant transparence et responsabilité.
  9. Créer un Fonds climatique allouant des fonds internationaux à faible taux d’intérêt, avec des critères contraignants privilégiant des résultats climatiques et sociaux concrets.
  10. 4. Formation professionnelle et création d’emplois
  11. Mobiliser un effort mondial pour la formation professionnelle dans les métiers de l’économie verte et garantir un soutien aux travailleurs en transition.
  12. Veiller à ce que la transition crée des emplois de qualité, avec des salaires équitables et une protection sociale.
  13. 5. Solidarité mondiale et coopération internationale
  14. Construire un réseau durable de mouvements sociaux, syndicats, intellectuels et partis politiques engagés pour tenir les dirigeants de la COP responsables à chaque étape.
  15. Placer la création monétaire pour le climat au cœur des négociations de la COP30, avec un engagement immédiat à augmenter les financements pour répondre aux besoins réels — et non à des objectifs artificiels.

En conclusion : un appel à l’action

À l’occasion de la COP30, nous devons marquer le début d’un véritable changement : une transition où la finance sert les populations et la planète. Nous appelons les dirigeants mondiaux, la société civile et chaque délégué de la COP30 à prendre des engagements historiques et à nous rejoindre pour forger l’avenir écologique et démocratique que l’humanité exige.

L’appel proposé lors de cette réunion exprime l’urgence et les idées pour une autre voie en matière d’économie mondiale, de commerce international et de financement de la transition verte. C’est pourquoi je joins ma voix et signe cet appel. Car il n’y a pas de Planète B : nous devons promouvoir un Plan B pour remplacer le système dominant actuel, qui est en échec.