Commission économique du PCF
Les lecteurs de L’Humanité qui s’indignent aujourd’hui de l’insolence des grandes fortunes, des turpitudes du CAC40, des égarements de la finance ou des maux dont souffre l’hôpital se souviennent de ce que Pierre Ivorra leur en avait déjà fait connaître, depuis longtemps, dans ses livres, dans ses articles et, jusqu’à ces dernières années, dans les chroniques où il éclairait de façon pénétrante, chaque semaine, l’actualité économique. Notre camarade, aussi vigoureux polémiste qu’habile pédagogue, ne se contentait pas de dénoncer les iniquités d’un monde en proie aux lois perverses du capital. Il ouvrait à ses lecteurs la compréhension des mécanismes, des logiques, des contradictions sous-jacents aux événements économiques et politiques. C’était le fruit d’une culture marxiste particulièrement aiguisée, qu’il avait acquise après des études de philosophie et qu’il a eu l’occasion d’éprouver et d’enrichir pendant dix ans dans son travail d’analyste financier pour les comités d’entreprises, après trente ans de journalisme à L’Humanité. Les travaux de la section économique, puis de la commission économique du PCF doivent beaucoup à la contribution qu’il n’a cessé de leur apporter, de même qu’à la visibilité que ses grands entretiens avec Paul Boccara sur la crise financière, sur l’anthroponomie, en ont donné aux lecteurs de L’Humanité.
Pierre était un militant communiste dans l’âme, un révolutionnaire. Engagé dans la bataille politique à Saint-Denis où il habitait, puis à Hyères après sa retraite, il a été à la pointe du combat contre l’effacement du PCF et de ses idées marxistes, avec une détermination que rien ne pouvait intimider. Seule l’aggravation brutale de son état de santé l’avait contraint au silence depuis trois ans. Il laisse plus qu’un souvenir, un exemple.
La tristesse de ses amis de la commission économique est immense. Pierre était un camarade, un frère, un soutien indéfectible, modeste, chaleureux. Nos pensées les plus affectueuses vont à son épouse Marie-Simone, à sa fille, à son fils et à tous ses proches.

Une bien triste nouvelle tant Pierre était chaleureux, cultivé, accessible.
C’était presque un bonheur, sortis de réunion, de rentrer dans nos banlieues en discutant avec lui.
il nous manque tellement
Ah! Quelle tristesse