Internationale

Pierre Assante

L’auteur a publié cette contribution sur son blog : https://pierre-assante.over-blog.com/2026/01/internationale.html le 28 janvier 2026

Il existe une « internationale fasciste » parce qu’il existe une « internationale capitaliste ».

Les capitaux dominants sont à la fois nationalistes et inter-nationalistes. Ils sont en guerre entre eux, mais évitent le plus possible que leur guerre ne les détruise tous : audace, bellicisme et prudence…

Nous sommes loin, loin, très loin des deux cents familles françaises du Front Populaire dont le schéma rigide et dépassé reste encore dans nos têtes.

Les capitaux dominants s’appuient sur tout ce qu’ils peuvent, et s’y appuient très bien : sur les rapports de forces géopolitiques des marchés mondiaux, sur les États et leurs institutions, sur les institutions financières mondiales, le tout à partir des réalités locales, des plus petites aux plus vastes. La CIA orchestre très bien tout cela

Ne croyez pas qu’ils servent État ou idéal.

Conquêtes de marché et du taux de profit, dans la complexité et multiplicité des alliances qui se préparent, se font et se défont et se refont au gré des jeux de ces rapports de forces, indépendamment des grands idéaux affichés et bafoués de fausse paix, de fausse coopération, de fausse cohérence locale et globale.

On soutient l’Irak contre l’Iran, puis on envahit l’Irak, un million de morts, et on affame économiquement d’Iran et on pousse le peuple à se révolter dans ses légitimes revendications récupérées, contre un régime à la fois moderne économiquement et à la fois moyenâgeux culturellement, les deux choses entremêlées étroitement. Exemple parmi tant, tant et tant d’autres

Le pire, c’est qu’une classe dominante et exploiteuse s’est toujours revendiquée du bien commun pour satisfaire le sien propre, et d’une certaine façon croit à son propre conte, à sa propre imagination, comme à une religion, dans les limites où la réalité la réveille et lui propose une bifurcation plus avantageuse ou moins dangereuse pour ses intérêts.

Les schémas communistes soviétiques sont depuis longtemps dépassés et les schémas communistes non pas nationalistes mais nationaux sont dissous. La bataille idéologique dans la bataille de réorganisation économique mondiale, des nouvelles forces productives, perdue, est cause de cette dissolution sans recomposition nouvelle indispensable.

La confusion, c’est l’opposé de la conscience nécessaire à tout changement s’attaquant à l’état présent malade des choses sociales.

Mais tout cela n’est qu’écume des jours. Le fond du problème est l’inadéquation entre les progrès des forces productives et le système capitaliste dans lequel elles évoluent.

La barrière au développement du capital, c’est le capital lui-même

La numérisation de la production et des échanges ne peut plus supporter le type d’organisation économique et sociale que le capital a institué depuis les révolutions bourgeoises, la démocratie libérale continentale et sa suite américaine mondialisée dominante économiquement et militairement, et culturellement par conséquent, ce qui va de pair, capital et techniques à son service.

Le talon d’Achille du capital c’est la baisse tendancielle du taux de profit dans la croissance du capital constant dans sa révolution scientifique et technique et sa suraccumulation-dévalorisation qui s’en suit systématiquement.

L’école néomarxiste de la régulation systémique propose de développer, sur l’incapacité du capital à résoudre sa maladie, des « mécanismes » sociaux et culturels de sauvetage et de développement à partir des besoins sociaux et culturels

Le robinet des Fonds permettant de détourner progressivement et radicalement les capitaux vers ces besoins, et la sécurité d’emploi et de formation répondant graduellement aux contradictions de l’achat de la force de travail ; l’achat de la force de travail : incongruité dans l’évolution des forces productives, leur besoin d’autonomie et de formation de la personne et des entités humaines qu’elle constitue, leur mouvement, leur complexification ; et leur condensification (réorganisation continue-discrète) insuffisante de-par le système.

Il n’y a qu’une internationale locale/globale possible en santé suffisante et nécessaire possible, c’est celle du travail répondant aux besoins matériels et moraux du processus d’humanisation, du galet aménagé (travail-pensée) de l’homo habilis à la chaîne numérique automatisée et à l’organisation sociale verticale et horizontale qui la permet – qui la permet mal et qui ne la permet plus dans le système capitaliste.

Le divorce entre la production physique-mentale issue du matriarcat puis de l’artisanat, c’est le divorce travail/pensée de la grande industrie capitaliste décrite dans Le Capital et à plus forte raison de l’industrie capitaliste numérisée, son taylorisme généralisé, sa destruction généralisée de main-d’œuvre, d’emploi et de formation, de connaissance, dans son processus malade de connaissance structuraliste et non synthétique.

Il n’y a qu’une internationale locale/globale possible en santé suffisante et nécessaire possible, celle « du travail », encore faut-il l’organiser, dans les luttes bien sûr, locales, nationales, « européennes », internationales, globales et infiniment diversifiées, et leur contenu transformateur à développer bien sûr.

La seule lutte pour une autre répartition de la plus-value est social-démocrate, illusoire dans l’état d’un système qui ne reviendra plus en arrière, ne peut plus revenir en arrière, quoi qu’en pensent les populismes nationalistes, sinon pour pourrir vers le nouveau ou mourir en entraînant toute la société ; mort physique et cosmique.

Le cosmos est plein d’essais, réussis ou avortés ; faisons vivre le nôtre, parce que c’est le nôtre, instinct de survie sain-élémentaire.

Les derniers souverainismes-nationalismes « viables », gaullisme, peronisme, etc., d’entrée dans l’économie numérique et-ou de sauvetage du système, ont vécu ; n’en reste que leur dangerosité délétère ; létale atomique et climatique…