Les jeunes et la précarité : un enjeu de classe

Bastien Bonnargent
coordinateur national du Mouvement Jeunes communistes

Il n’y a pas de « désamour des jeunes pour le travail », mais plutôt les ravages causés par une gestion capitaliste du marché du travail, qui génèrent précarité et insécurité.

Vingt ans après les mobilisations victorieuses contre la mise en place duContrat première embauche (CPE) de 2006, le patronat et son porte-voix, Patrick Martin, remettent sur la table une vieille rengaine.

Si le projet de Dominique de Villepin prévoyait déjà un contrat pour les moins de 26 ans, révocable sans motif dans les deux premières années par l’employeur, le MEDEF entend aujourd’hui aller encore plus loin.

Le principe : un CDI qui n’en est pas un puisque révocable – toujours sans motif – dans les trois premières années, un niveau de rémunération inférieur aux autres contrats, un cadre légal et des obligations patronales assouplies, et la fin de la durée minimum de 24 heures hebdomadaires pour les temps partiels.[1]

Afin d’affronter une situation inédite de chômage chez les plus jeunes et les difficultés croissantes d’insertion professionnelle, le MEDEF propose une flexibilisation radicale du marché du travail, pour répondre au « malaise des jeunes face à l’emploi ».

Coup double puisque celle-ci permettrait, par ailleurs, de faire des 1,4 million de jeunes qui se retrouvent chaque année[2] sans emplois ni formations, une main-d’œuvre corvéable et peu chère, bien utile pour répondre aux besoins immédiats des entreprises.

Quoi qu’il en coûte, cette lecture est devenue familière. Ce « CPE XXL » n’a rien de nouveau, et s’inscrit dans une longue série de réformes qui, depuis plusieurs décennies, font de la flexibilisation du travail la principale réponse aux difficultés d’insertion.

La maladie est bien réelle, mais le diagnostic, lui, n’en est pas moins discutable. La logique qui anime les libéraux depuis des années est inchangée : l’obstacle à l’emploi des jeunes relèverait avant tout des comportements de chacun, d’une fracture générationnelle, et d’un cadre légal trop rigide, donc inadapté.

Cette lecture libérale omet la problématique centrale, à savoir : la capacité de notre modèle économique à créer des emplois stables et utiles, correspondant à des besoins sociaux et environnementaux bien réels, et à orienter, former et insérer les jeunes générations.

Si, comme Patrick Martin, nous tirons la sonnette d’alarme, nous ne souhaitons pas pour autant interroger les attitudes des jeunes face au travail, mais plutôt examiner les choix politiques qui structurent leurs conditions d’entrée dans l’emploi et organisent – ou empêchent – l’accès à un travail stable.

En finir avec le récit du « désamour » entre les jeunes et le travail

L’idée selon laquelle les jeunes se détourneraient du travail s’est imposée dans le débat public. Elle permet aux libéraux d’expliquer les difficultés d’insertion professionnelle par une transformation des aspirations individuelles. Autrement dit, un phénomène culturel.

Les jeunes générations chercheraient plus de liberté, moins de contraintes, et accepteraient mal les exigences du travail en tant que telles. Ce récit est bien commode : il permet de déplacer la responsabilité de celles et ceux qui créent et organisent l’emploi, vers celles et ceux qui cherchent à l’occuper.

Les études statistiques sont nombreuses à contredire cette lecture minimaliste et volontairement faussée du rapport des jeunes au travail. Les travaux de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP)[3] démontrent que l’emploi est un élément central de la vie des jeunes, et la stabilité de celui-ci figure parmi leurs premières attentes.

De même, le très éclairant rapport de l’Institut Montaignepublié en avril 2025[4] indique que près de 80 % des jeunes actifs (16-30 ans) souhaiteraient continuer à travailler même s’ils n’avaient pas besoin d’un revenu pour vivre.

Il est indéniable que le travail est un repère identitaire fort chez les jeunes, et la satisfaction dans la vie est fortement corrélée à la satisfaction dans l’emploi. Les jeunes expriment un désir de travailler : s’il ne s’agit pas d’un désengagement, le décrochage se situe ailleurs.

En premier lieu, les attentes concernant l’emploi sont très fortes : qu’il s’agisse de la rémunération, de la stabilité, d’une certaine souplesse au sein des carrières professionnelles ou bien une volonté certaine de renouer avec l’utilité sociale des métiers exercés.

En second lieu, les expériences vécues sont de plus en plus aliénantes : précarité des jobs étudiants et saisonniers, sentiment d’irrespect au travail, temps partiels, périodes de chômage succinctes, précarité des dispositifs jeunes, et travail déguisé en stage sont devenus la norme.

Si nous considérons ce triptyque – grand intérêt, fortes aspirations et expériences contraignantes – nous pouvons conclure que le problème ne réside pas dans un rejet du travail, mais dans le refus de formes d’emploi instables, précaires et sans perspectives.

Le récit du jeune qui « ne veut pas bosser » revient à inverser les causes et les effets. Les jeunes ne se détournent pas du travail, mais se heurtent à un marché désorganisé, des formations déqualifiées, et des emplois précaires et perçus sans intérêt.

En focalisant le débat sur les comportements individuels, le patronat occulte les transformations structurelles du marché du travail, le démantèlement de la formation professionnelle, les conséquences de la désindustrialisation qu’il a engendrées, et les conséquences de la sélection organisée par les dispositifs d’orientation, en premier lieu Parcoursup.

La précarité et l’instabilité comme mode de gestion de la main-d’œuvre

Dans notre modèle économique, l’instabilité joue un rôle précis : elle discipline la force de travail. Les situations de précarité et d’instabilité vécues par les jeunes générations sont organisées, et correspondent à un mode de gestion de la main-d’œuvre.

Si les contrats courts représentent aujourd’hui l’écrasante majorité des nouvelles embauches – plus de 75 % en 2023 selon la DARES[5] – c’est parce qu’ils permettent aux entreprises de répondre à des besoins immédiats et profitables.

Les jeunes, moins protégés, constituent une main-d’œuvre particulièrement flexible, mobilisable et remplaçable. Parmi les jeunes actifs de moins de 25 ans, plus d’un sur deux occupe un contrat à durée limitée[6], contre un salarié sur huit dans l’ensemble de la population active[7].

Systématiquement présentée comme une étape transitoire, un « passage obligé » avant de pouvoir s’ancrer durablement dans le marché du travail, la précarité de ces emplois tend pourtant à se diffuser à l’ensemble du salariat.

Bien que visant des publics différents, et au-delà de leurs formes juridiques distinctes, la continuité des dispositifs de flexibilisation – du contrat « nouvelles embauches » de 2005, au CPE de 2006 en passant par la loi Travailde 2016, et le CDI jeune de 2026 – est, à ce titre, révélatrice.

Dans une certaine mesure, ces dispositifs « jeunes » peuvent être perçus comme le laboratoire d’un modèle qui tend à s’étendre à toute la société : la précarité n’est ni un sas ni un accident, c’est un outil au service de la rentabilité immédiate des entreprises.

Par ailleurs, l’instabilité règne déjà bien au-delà du premier emploi. Les données du Céreq nous apprennent que trois ans après être sortie de leur formation initiale, une part importante de jeunes n’ont toujours pas accédé à un emploi stable[8], y compris parmi les plus diplômés : la « CDIsation » devient de plus en plus marginale.

Cette incertitude permanente et la dépendance à l’employeur renforcent l’asymétrie des rapports de force dans notre société. L’entrée dans le monde du travail se fait sous le signe de la disponibilité permanente, et de l’acceptation de conditions dégradées.

Dès lors, les jeunes sont plus exposés à la pauvreté et au chômage. L’instabilité rend difficile l’accès au logement et freine l’autonomie. Si le travail demeure central dans les trajectoires de vie, il ne garantit plus la sécurité qu’il assurait auparavant.

Un clivage de classe, pas une fracture générationnelle !

Bien que les fondements de l’exploitation des plus jeunes soient les mêmes que pour toutes générations, ils sont accentués par des mécanismes qui accentuent les clivages et renforcent les inégalités : contrats d’intérim, services civiques, stages mal – ou non – rémunérés, apprentissages, etc.

Ainsi, évoquer « la jeunesse » comme un bloc homogène brouille la compréhension de ce qui se joue sur le marché du travail. Comme toutes les couches générationnelles qui l’ont précédée, celle-ci est d’abord traversée par un clivage de classe.

Les conditions d’accès à l’emploi sont fortement déterminées par l’origine sociale, le niveau de diplôme et le territoire habité. La précarité n’est pas une expérience uniforme : elle s’inscrit dans des rapports de classe qui peuvent être identifiés.

Plus encore, le fonctionnement de nos institutions – l’école en premier lieu – participe à une reproduction très forte des inégalités de classes, et les récentes réformes de l’éducation et de l’enseignement accentuent ce phénomène.

De la sélection sociale instaurée par les dispositifs d’orientation Parcoursupet MonMaster – dont les effets sont mesurés par les travaux de l’Inspection générale de l’éducation[9]– à la mise en place d’une hiérarchie de l’apprentissage par niveaux, dès le collège, avec la réforme du Choc des savoirs[10], l’école ne garantit plus l’égalité républicaine.

En 2025, à la fin de phase principale d’admission Parcoursup, plus de 103 000 candidats[11] n’avaient toujours pas reçu de proposition d’affectation, chiffre sensiblement similaire chaque année.

De même, les réformes successives de la voie professionnelle ont transformé le lycée professionnel – pourtant conquête sociale[12] – en usine à main-d’œuvre, peu chère et malléable, et l’apprentissage en machine à arroser les entreprises d’argent public, ce qui inquiète même par la Cour des comptes[13].

Les jeunes issus des classes populaires sont les plus exposés aux formes d’emploi instables, et à ces mécanismes. Prenons l’exemple des jeunes qui sont inscrits dans un centre de formation d’apprentis (CFA), soit plus d’un million au 31 décembre 2024[14] :

D’après la DARES[15], près d’un apprenti sur deux est issu d’un ménage à dominante ouvrière ou employée, et ce constat est d’autant plus marqué dans les formations CAP-BEP, où près de six apprentis sur dix sont issus de familles populaires[16]. A contrario, les enfants de cadres et de professions intellectuelles représentent moins de 5 % des apprentis en CAP-BEP.

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce phénomène. D’abord, l’apprentissage est perçu comme un accès direct à l’emploi, ce qui attire celles et ceux pour qui les études sont risquées financièrement. Ensuite, le système d’orientation tri socialement les élèves et relègue les plus en difficulté dans ces formations, considérées comme « voie de garage ». Enfin, les filières proposées sont pour beaucoup liées à des métiers manuels et techniques, tels que le bâtiment, la mécanique, la vente ou l’hôtellerie, au sein desquels les reproductions sociales sont fortes.

Les dynamiques en lycée professionnel sont les mêmes, notamment depuis les récentes réformes qui réduisent considérablement le temps scolaire, et mettent en place une rémunération – résiduelle – des stages, attrayante pour les familles les plus précaires.

Ces inégalités se retrouvent en matière de chômage : 14 % des actifs peu diplômés contre 5 % pour les diplômés du supérieur[17] ;et de la forme des contrats : plus de 60 % des emplois occupés par des jeunes peu ou pas diplômés sont des contrats à durée limitée.[18]

De même, près d’un tiers des jeunes diplômés occupent un emploi en dessous de leur niveau de qualification. Le problème n’est donc pas seulement le niveau de formation, mais l’absence de débouchés correspondant aux qualifications obtenues.

Il n’y a pas de fracture générationnelle, mais un phénomène de déclassement massif, et des clivages de classe renforcés par des mécanismes spécifiques aux jeunes : cette précarisation n’oppose pas les jeunes aux générations précédentes, mais entre eux, selon leur origine sociale et leur place dans le système productif.

Une articulation défaillante entre l’emploi, la formation et les besoins sociaux

Cependant, la précarité de l’emploi n’est pas que le simple résultat de stratégies patronales. Elle est le produit d’un modèle économique, incapable de planifier les besoins sociaux, et d’organiser l’emploi, la formation et la production en conséquence.

Cette incapacité apparaît dans l’évolution de notre appareil productif. En quarante ans, la France a perdu plus de deux millions d’emplois industriels, et la part de l’industrie dans le total des emplois est passée en dessous de la barre des 11 %[19].

Pour autant, nous n’avons pas moins besoin de produire : la désindustrialisation est le résultat de choix économiques exclusivement dominés par la recherche de profits à court terme, qui ont alimenté la sous-traitance et les délocalisations.

Ces choix ont profondément modifié l’organisation de l’emploi et de la formation. L’industrie française qui constituait il y a peu un secteur important, créateur d’emplois relativement stables et ancrés dans de nombreux territoires, est aujourd’hui délaissée.

Sa contraction a réduit les débouchés, en particulier pour les jeunes résidant au sein de ces territoires industriels. Et en parallèle, le développement de secteurs plus fragiles, faiblement structurés et soumis à une forte concurrence a favorisé la création de contrats instables.

La sidérurgie française en fournit une parfaite illustration[20]. Entre 2007 et 2017, le secteur a perdu près de 10 000 emplois, soit plus de 20 % de ses effectifs, alors que la production d’acier est restée relativement stable sur la période[21].

En 2017, la sidérurgie représentait encore près de 38 000 emplois en France. Les destructions d’emplois ne s’expliquent donc pas par une disparition soudaine des capacités productives, mais par des stratégies de compression de la main-d’œuvre.

L’évolution de la formation professionnelle s’inscrit dans ce sillage. Les dépenses publiques consacrées à l’apprentissage ont fortement augmenté, et entre 2018 et 2022, le nombre d’apprentis est passé de 437 000 à près de 980 000[22]. Pour autant, cette progression s’est faite sans organisation des débouchés professionnels.

L’évaluation produite par l’OFCE montre que cette dynamique repose sur des aides publiques peu ciblées, générant des effets d’aubaine et de substitution. Autrement dit : l’État a ouvert les vannes, et une part importante des contrats d’apprentissage est venue remplacer des emplois existants, sans création d’emplois stables.

La lecture est la même concernant la réforme du lycée professionnel, dont l’approche est strictement adéquationniste[23]. La carte des formations est ajustée en fonction des besoins immédiats des entreprises locales, ce qui a conduit à la réduction des enseignements généraux et à une spécialisation précoce.

Depuis la réforme Grandjean, les filières apparaissent et disparaissent au gré des besoins immédiats et locaux, sans vision d’ensemble ni projection à long terme. Les jeunes sont orientés vers des formations qui répondent à des pénuries ponctuelles de main-d’œuvre, sans aucune garantie de débouchés durables.

Les données du Céreq[24]nous indiquent à ce titre que plus 42 % des jeunes actifs déclarent que leur emploi ne correspond pas à leur formation, et se sont engagés dans une démarche de réorientation professionnelle.

L’incapacité à articuler emploi, formation et besoins est au cœur du décalage entre les aspirations des jeunes et les emplois disponibles : le problème ne réside pas dans un refus du travail, mais tout simplement dans l’absence de perspectives professionnelles.

Cette situation est d’autant plus paradoxale, que les besoins sont relativement identifiés. La transition écologique, la rénovation énergétique, les transports ou la maintenance industrielle nécessitent des centaines de milliers d’emplois dans les années à venir.

À titre d’exemple, la CGT a organisé le 28 mai 2024 ses états généraux de l’industrie et de l’environnement, au cours desquels elle a établi un plan d’action et défini des priorités en matière d’investissements : développement du fret ferroviaire, création d’une nouvelle filière de l’imagerie médicale, ou encore mise en place de projets de méthanation visant à transformer le bois usagé en gaz[25].

De même, le développement de l’intelligence artificielle et son utilisation croissante dans de nombreux secteurs peuvent constituer un atout majeur pour le pays, à condition que nous soyons en mesure d’investir dans son développement, de former à son utilisation et d’inventer les métiers correspondants.

Faire le pari de la jeunesse : planifier les besoins, plutôt que flexibiliser les contrats !

La précarité qui touche les jeunes n’est ni accidentelle ni transitoire. C’est le résultat de choix politiques guidés par des logiques de rentabilité à court terme, qui rendent impossible l’organisation durable de l’emploi et de la formation.

Elle n’est pas un problème à corriger à la marge : la flexibilisation du travail qui s’opère depuis des années à travers des dispositifs jeunes – à l’image du « CPE XXL » – n’est donc pas une solution, mais une véritable fuite en avant.

Faute d’anticiper les besoins qui structurent notre société, les pouvoirs publics se limitent à une gestion, au jour le jour, de déséquilibres qu’ils ne parviennent pas à prévenir. L’État agit comme un navire sans gouvernail, incapable de projeter les jeunes générations vers un horizon professionnel ambitieux.

Former sans planifier les besoins, c’est organiser l’instabilité : les dispositifs d’orientation tout comme la formation professionnelle sont devenus des instruments de gestion de la pénurie d’emploi, là où ils devraient être des leviers stratégiques pour le pays.

Dans ce contexte, il est indéniable que chaque année, la France passe à côté de milliers de jeunes aux talents, savoirs et compétences hors pair. Des dizaines de potentielles « futures Marie Curie », triées par Parcoursup et MonMaster et rangées dans des dispositifs de formation répondant aux besoins immédiats et locaux des entreprises.

Les défis auxquels nous sommes confrontés exigent une tout autre approche : réindustrialiser le pays, décarboner notre industrie, renforcer nos services publics, prévenir des crises sanitaires, etc. Tout cela suppose d’anticiper les emplois de demain et de former, en amont, les travailleurs qui les occuperont.

Pour cela, nous partageons pleinement le projet de construction d’un système de sécurité d’emploi ou de formation pensé par le PCF, et placé au cœur d’une transformation révolutionnaire de la société.

Celui-ci vise à créer les conditions économiques, juridiques et politiques permettant à l’ensemble des travailleurs d’alterner emplois de qualité et périodes de formation[26], de la sortie du système éducatif jusqu’à la retraite, sans être condamné au chômage.

Autrement dit, sécuriser les parcours pour les soustraire à l’instabilité permanente organisée par le marché, et aux exigences de rentabilité à court terme.

Une telle ambition suppose de partir des besoins exprimés par les jeunes eux-mêmes et par l’ensemble des travailleurs. L’organisation de conférences permanentes pour l’emploi et la formation, à toutes les échelles du pays, permettraient de répondre à cet impératif.

En réunissant représentants des salariés, organisations de jeunesse, élus, associations, acteurs économiques et administrations, elles permettraient de définir démocratiquement des objectifs précis de créations d’emplois et de développement des formations.

La réalisation de ceux-ci, permis par le soutien des pouvoirs publics et l’accès facilité aux crédits bancaires, permettrait un type de planification inédit, orienté vers la satisfaction des besoins sociaux et environnementaux plutôt que vers la rentabilité immédiate.

Planifier les besoins ne signifie ni figer les trajectoires individuelles ni nier les aspirations des jeunes. Il s’agit au contraire de créer les conditions d’une véritable liberté de choix, en garantissant des débouchés, des qualifications reconnues et des parcours sécurisés.

Les besoins sont là. Dans l’industrie, les services publics, la transition écologique, les emplois manquent, et les jeunes sont disponibles, en attente de perspectives professionnelles stables !

Alors, ne laissons plus aux capitalistes le monopole de la création d’emplois. Rompre avec ce modèle suppose de décider, nous, ce que la société doit produire et financer. La formation et l’orientation peuvent être le principal levier de cette transformation du pays.

C’est dans cette perspective que s’inscrit l’exigence de créer un million d’emplois pour sortir les jeunes de la précarité et révolutionner la France, campagne menée de front par les jeunes communistes depuis leurs derniers congrès ! C’est ça, faire le pari de la jeunesse.


[1] Voir : Théodore Azouze, Public Sénat, « Un CDI pour les jeunes “pouvant être rompu sans motif” : Le Medef veut-il faire renaître le CPE ? », 2026

[2] Chiffre de l’INSEE,« Les jeunes ni en emplois, ni en études, ni en formation (NEET)», Focus n°285, 2023

[3] À noter : INJEP, « Rapport sur l’état de la jeunesse 2023 », 2023

[4] Y. Algan, O.Galland, M.Lazar, Institut Montaigne, Les jeunes et le travail : aspirations et désillusions des 16-30 ans, 2025

[5] DARES, Les mouvements de la main-d’œuvre, 2023, Répartition des embauches par type de contrat

[6] CDD, intérim ou alternance

[7] Enquête de l’INSEEet la DARES, Emploi, chômage, revenus du travail 2022, figure 1

[8] Céreq, Génération 2017 : enquête 2020, 2022

[9] IGESR, L’orientation, de la quatrième au master, 2020

[10] SNES-FSU, Groupes de niveau : la nouvelle enquête du SNES-FSU, novembre 2025

[11] Chiffre publié chaque année par le ministère de l’Éducation nationale.

[12] Maëlle Mariette, « Lycée pro : la dèche et le mépris », Le Monde Diplomatique, 2025

[13] En juillet 2023, la Cour des comptes publiait une note de contribution intitulée : « Recentrer le soutien public à la formation professionnelle et à l’apprentissage ».

[14]Chiffre extrait de la série longue : « Le contrat d’apprentissage » de la DARES, 2025

[15] DARES, Accéder à l’apprentissage après la troisième : quels profils, quelles démarches ?, 2021

[16] Direction de l’évaluation de la prospective et de la performance (DEPP), note d’information n° 24.05 », 2024

[17] INSEE, L’essentiel sur le chômage, 2024

[18] DARES, Les mouvements de la main-d’œuvre, 2023

[19] Chiffre de l’INSEEpour l’année 2024.

[20] Observatoire de la Métallurgie, rapport La sidérurgie en France, 2019

[21] De 15 414 en 2010 à 15 500 milliers de tonnes en 2017

[22] Bruno Coquet, OFCE, « Apprentissage : un bilan des années folles », OFCE Policy Briefs n°117, 2023

[23] L’approche « adéquationniste » repose sur l’idée que les dispositifs de formation doivent s’ajuster aux besoins immédiats, en subordonnant les parcours de qualification aux stratégies des entreprises.

[24] Céreq, « Enquête 2023 auprès de la Génération 2017 », Céreq Études n°057, 2025

[25] Livret CGT, « 22 propositions : Industrie et environnement », mai 2024

[26] Rémunéré en fonction du niveau des qualifications acquises