Catherine Mills
On trouvera ci-après un résumé des travaux de Paul Boccara sur la révolution informationnelle. On pourra constater que sa méthode marxiste, profondément dialectique, lui a permis très tôt de reconnaître la fois la nouveauté de la révolution technologique qui est en train de bouleverser les relations des êtres humains avec la nature pour produire leurs moyens d’existence – l’économie – et les relations des êtres humains entre eux – l’anthroponomie –, de discerner en quoi cette révolution technologique entre radicalement en contradiction avec les logiques capitalistes, mais d’anticiper aussi les dangers de régressions qui résultent de la domination exacerbée des ces logiques dans la crise. Autant d’antagonismes que les développements tout récents de l’intelligence artificielle sont en train de confirmer en les portant à un degré qui rend urgent une transformation révolutionnaire de la civilisation.
Boccara, au début des années 1960[1], précise la spécificité historique de la révolution de l’automation ; au début des années 1980, il avance le concept de révolution informationnelle.
Révolution technologique et ambivalences de ses implications sociales
Implications de la révolution informationnelle
Dans la révolution industrielle, au fondement du système capitaliste, on a essentiellement le remplacement de la main de l’artisan maniant l’outil, par la machine-outil qui fait mouvoir l’outil.
Dans la révolution informationnelle, on a le remplacement de certaines fonctions du cerveau humain par des moyens matériels. C’est à tort que l’on parle de nouvelle révolution industrielle, mais il y a une part de vérité : il existe un processus mondial d’achèvement de la révolution industrielle. On commence à pouvoir remplacer complètement l’ouvrier dans le maniement de la machine-outil, les ouvriers non qualifiés peuvent être remplacés par des robots, avec l’automation. Le remplacement de certaines fonctions du cerveau humain, avec le début d’une nouvelle révolution technologique, permet le long processus d’achèvement de la révolution précédente.
Mais avec les ordinateurs, ce ne sont pas seulement la production matérielle et l’économie qui sont concernées. Avec la révolution de la numérisation binaire, les moyens des services et de la production informationnelle connaissent une révolution profonde, matérialisant des types d’informations objectives. Cela permet une miniaturisation indéfinie des supports matériels, l’universalisation de la symbolisation, le traitement automatique de l’information, sa télécommunication.
Le concept de révolution informationnelle s’oppose à la notion antérieure de révolution scientifique et technique ou de la connaissance. Les grandes révolutions technologiques historiques étaient des révolutions techniques et de la connaissance. Afin de justifier l’expression de révolution scientifique, on insiste sur le rôle de la science dans la production, alors que dans la réalité historique, comme dans l’analyse de Marx, c’est précisément avec la révolution industrielle et l’émancipation des outils par rapport aux limites des mains, qu’a de plus en plus progressé l’utilisation des sciences de la nature. La révolution informationnelle pousserait cette tendance, mais, à l’opposé d’une conception scientiste et technocratique, elle implique la formation de qualité pour tous.tes, et l’accès de chacun.e aux informations, leur partage et leur intervention. Le concept de révolution informationnelle, à la différence des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), insiste sur le remplacement de certaines activités humaines par des moyens matériels et la prédominance des activités informationnelles Cela ouvre un potentiel de dépassement de la coupure entre créateurs informationnels et de développement de l’information. La révolution numérique permet la transcription en signes binaires de textes et données, leur télécommunication et leur traitement automatique. Avec l’intercommunication, (multimédia), et l’assistance au traitement des informations, elle facilite l’intervention active de chacun.e, la possibilité d’un dépassement graduel de la scission auteur/lecteur, vers l’intercréativité, mettant en cause les monopolisations. Les logiciels , créations informationnelles, ouvrent un rôle nouveau pour les êtres humains, le dépassement de l’exécution et le développement de la participation de chacun.e. à la création.
Technologies de la révolution informationnelle et ambivalences sociales
La lourdeur des premiers équipements informatiques a contribué aux baisses d’efficacité des capitaux conduisant à la crise systémique à la fin des années 1960. La chute des coûts de la micro-électronique, à partir des années 1970, permet de faire des économies massives sur les nouveaux matériels comme les PC (personal computer), tout en leur donnant une grande diffusion, à partir du début des années 1980, avec des logiciels d’exploitation adaptés. C’est la transformation révolutionnaire des machines-outils, l’expansion de leur utilisation avec les ordinateurs et logiciels, la multiplication et la mise en système des machines-outils à commandes numériques (MOCN), des robots, etc. C’est la miniaturisation des matériels jusqu’aux nanotechnologies. Une première génération de MOCN enregistre les actions des ouvriers qualifiés sous forme de courbes numérisées, une deuxième génération transforme des informations d’opérations. Cela rend possible des mouvements tellement complexes qu’aucune main ne serait capable de les diriger avec la précision nécessaire[2].Ce sont les nouveaux matériaux composites, les débuts des bio-technologies, à partir de l’information génétique et des banques de données biologiques. C’est la montée prédominante des services informationnels pour les entreprises et les particuliers, la diffusion des ordinateurs personnels puis des nouveaux terminaux portables, la mise en réseau, les réseaux d’Internet, les services et moteurs de recherche. Les logiciels permettent de disposer d’intermédiaires informationnels entre l’utilisateur et l’ordinateur, traduisant les problèmes des acteurs humains dans le répertoire de la machine »[3].
La révolution informationnelle, caractérisée par la prédominance des informations, ne se réduit pas aux nouvelles techniques. Un antagonisme se développe entre les logiciels, liés à la domination du marché et des groupes monopolistes éditeurs, et les utilisations créatrices par les usagers. À la scission induite par le marché entre production et consommation, entre offre et demande, s’oppose le développement du partage de la créativité entre utilisateurs et producteurs. Cela renvoie aux logiciels libres où le code-source est librement accessible, redistribuable et modifiable, autorisant un nombre illimité de modifications, permettant de générer facilement un programme différent. Il y a opposition entre d’un côté, la diffusion d’un logiciel libre, gratuit, qui rend possible les coopérations bénévoles de milliers de programmeurs dispersés dans le monde, et de l’autre, les groupes monopolistiques multinationaux fournisseurs de logiciels, (Microsoft, IBM, etc).
On assiste au soutien ou à la récupération des logiciels libres par des groupes monopolistiques producteurs de matériels ou de logiciels. Cela engendre des avantages compétitifs dans la conquête de clients pour la vente de services à forte valeur ajoutée et leur développement, pour leurs intérêts, liés aux logiciels libres. La construction de logiciels à partir d’autres logiciels et le besoin de coopérations entre les utilisateurs pour les mettre au point, progressent. Les moteurs de recherches fournissent informations et références sur Internet. Ce réseau, avec ses bases de données et ses liaisons entre participants dans le temps et dans l’espace, constituerait « un nouveau cerveau » et un « système nerveux » pour l’humanité.[4]
Il existe cependant, une frontière ténue entre les résultats des moteurs de recherche et la pub, car ces résultats sont souvent payés par des sociétés commerciales qui achètent des mots-clefs pour mettre en premier leurs références et liens vers leurs sites. Les sites de ces sociétés peuvent épier les commandes de chacun.e. Montent les protestations et exigences des usagers et de leurs associations, pour disposer de nouveaux pouvoirs face aux groupes monopolistes électroniques. Ce sont les lois sur les droits d’auteur, le copyright, la directive européenne sur le téléchargement des informations, on crée un Fonds de soutien à la création, une autorité administrative régulatrice, la loi de 2006 sur les Droits d’auteur dans la Société de l’information. Ce sont les offres payantes des majors monopolistiques pour une protection légale ou technique, ou les offres gratuites avec les logiciels libres, « copyleft », avec la récupération ou le rachat de sites de partage gratuits[5].
Exacerbation et mise en cause de la domination des marchés et des délégations.
Au plan économique monte l’exacerbation des manipulations commerciales, à partir d’informations qui traitent les êtres humains comme une masse de consommateurs captifs. Au plan anthroponomique, hors économie, montent les contrôles informationnels des comportements humains[6]. C’est la mise en cause des marchés et des délégations représentatives, comme l’État. C’est l’opposition entre les deux types de systèmes, économiques et anthroponomiques, leur alternance, leur dépassement.
Au plan économique, à l’échange sur le marché des produits et services, s’oppose l’accès par des dons obligatoires non marchands. Le développement de réseaux et modes d’accès, fondés sur l’usage provisoire des produits et services, au lieu de leur propriété[7], va dans le sens d’un dépassement possible du marché, sans les dons obligatoires des rapports féodaux. Des tendances nouvelles et la protestation contre la marchandisation des actions humaines montent. Boccara critique l’illusion d’un nouveau « capitalisme culturel » et un prétendu « équilibre » durable entre culture et marché, car les forces du marché seraient seulement « contenues »[8]. Au plan anthroponomique, il relève l’opposition entre civilisations où prédominent l’indépendance des personnes et leurs délégations, et celles où prédominent les communautés hiérarchiques. Un dépassement de cette opposition monterait par des partages jusqu’à chacun.e, dans une nouvelle civilisation de toute l’humanité.
Implications de la révolution informationnelle dans la crise de la mondialisation capitaliste.
La révolution informationnelle s’enracine dans la crise du système capitaliste mondialisé, généralisée et durable avec des antagonismes nouveaux et des novations refoulées. Cette crise peut aussi ouvrir sur une maitrise et un dépassement des marchés ainsi que des avancées pour une nouvelle civilisation.
Partages des résultats, des coûts des opérations informationnelles et ambivalences.
Les informations deviennent prédominantes, y compris pour la production matérielle. C’est la recherche dans la production, la formation pour le travail et l’accès aux données, la progression des services. C’est le développement du partage des coûts informationnels, à l’opposé des échanges classiques sur le marché [9].
Les informations symbolisées sont fondamentalement différentes des machines ou des produits industriels. Une machine-outil est ici ou là : c’est une des bases de sa propriété privée, de son échange et de la concurrence. Par contre, une information, comme le résultat d’une recherche, peut être partagée indéfiniment, jusqu’à l’échelle mondiale. C’est la montée de la prédominance des partages des coûts informationnels et des résultats à l’opposé de l’échange sur le marché entre équivalents. Cela entraînerait la possibilité d’autres règles que celles du marché et du capitalisme.
Cependant, sous les pressions des capitaux financiers transnationaux, de la mondialisation capitaliste, la prédominance et le partage des informations sont récupérés par les privatisations et l’expansion des groupes monopolistes multinationaux. Ceux-ci peuvent partager les coûts de recherche à l’échelle mondiale, bien davantage qu’une entreprise publique nationale. Ils utilisent le marché financier pour les prises de contrôle des marchés, le financement et la valorisation des actifs informationnels ou immatériels[10], ils visent la protection des surprofits.
Le partage des coûts informationnels vise à réduire les coûts dans de vastes ensembles privatifs monopolistiques qui rivalisent entre eux, jusqu’à chercher à se détruire. Ils mettent en concurrence les salariés du monde entier en détruisant des emplois et en refoulant les exigences nouvelles de formation, pour la rentabilité financière des capitaux. D’où les antagonismes entre les potentiels de dépassement et, au contraire, l’exaspération des contradictions et des rentes du système mondialisé[11].
On pourrait réaliser un partage des coûts généralisé jusqu’à l’échelle mondiale, en établissant des coopérations entre entreprises publiques au plan international, dans la perspective de services et biens communs de l’humanité. On pourrait partager les résultats pour la promotion des travailleurs : plus il y aura de travailleurs suffisamment formés, employés et impliqués et plus on pourrait réduire les coûts informationnels par unité de production. Dans le système en crise, les partages des coûts informationnels exaspèrent les dominations privées, les fusions monopolistiques rivales, les pressions sur les sous-traitants, et les rejets sociaux[12].
Le concept de « partage » de l’information révèle l’opposition entre les nouvelles tendances et l’échange sur le marché. Il rend compte de l’exacerbation du marché par la concurrence entre groupes multinationaux. Il va au-delà du concept « d’externalité positive » des dépenses de recherche de l’entreprise, bénéficiant à l’extérieur de l’entreprise, et justifiant le soutien de l’État. Il dépasse le concept « d’économie d’échelle », justifiant la concentration, ou le « coût de reproduction négligeable », justifiant les surprofits par la conquête des marchés. Avec la révolution informationnelle, le partage se relie aux concepts de bien non rival et de bien non exclusif, il ne se limite pas aux biens classiques et concerne toute la production.
La progression des pouvoirs de maîtrise de l’organisation du travail, en coopération, avec de nouvelles formations, est ambivalente. On pourrait commencer à dépasser les scissions entre catégories de travailleurs, avec le caractère polyfonctionnel des groupes autonomes. Mais dans la crise systémique actuelle s’accroissent l’intensification du travail, les pressions, le stress, la précarisation, les licenciements, le contrôle des postes de travail, le refoulement de la créativité de chacun.e, pourtant sollicitée, et la montée de nouvelles aliénations. Alors que montent de nouvelles responsabilités des travailleurs [13].
Défis des partages des groupes multinationaux, suraccumulation financière, chômage massif et précarité mondialisés.
La conjugaison des nouvelles technologies et des réductions des dépenses salariales ou sociales entraîne des pressions fortes durables sur la demande globale relativement à la croissance de la production. Des économies se font sur les coûts des puces électroniques, avec leur miniaturisation qui doublerait leurs performances tous les 18 à 24 mois.[14]. Au niveau de la nanoélectronique, ce serait la possibilité de dépasser l’utilisation de machines-outils macroscopiques.[15]
Le rapport moyens matériels / résultats tend à s’élever quand on passe à l’industrie et tend à s’abaisser quand on passe aux services. A côté des économies relatives de moyens matériels et du travail incorporé, ce sont celles renforcées sur les travailleurs qui utilisent ces moyens. A la diminution du travail direct et du travail incorporé dans les moyens matériels, s’ajoutent les pressions sur les salaires et les dépenses sociales, d’où l’insuffisance de la demande et le chômage massif. A côté du chômage de masse classique des longues phases de difficultés, progressent la flexibilisation et la précarisation des emplois, les temps partiels, les vagues de changements technologiques. La concurrence par la progression du travail féminin moins payé et la concurrence des travailleurs du monde entier, participent à cette précarisation, avec la salarisation généralisée dans les groupes multinationaux.
Dans la crise systémique du « capitalisme monopoliste d’État social », du secteur public, de la protection sociale, montent aussi les partages des coûts informationnels des groupes privés rivaux. C’est aussi l’expansion des firmes monopolistes géantes ; des organisations pluri-étatiques, zonales, comme l’UE, ou jusqu’à l’échelle mondiale, la concurrence salariale mondialisée, les dérégulations des marchés nationaux. La mondialisation capitaliste renforce la prédominance des accumulations et crises financières, l’hégémonie des USA et de leurs firmes multinationales sur les techniques de la révolution informationnelle et sur Internet.
Pourtant, la révolution informationnelle rend possible le développement de partages institutionnalisés non monopolistes. Elle concerne les quatre marchés fondamentaux : du travail, de la monnaie et de la finance, de la production, le marché mondial[16]. Le début de dépassement du marché du travail se ferait par la sécurité mobile d’emploi ou de formation, pour chacun.e, au-delà du plein emploi traditionnel qui maintient un taux de chômage [17]. La mise en formation alternerait avec l’emploi en lien avec le service public de l’emploi.
Implications de la révolution informationnelle dans la crise du libéralisme mondialisé et début de maîtrise et dépassement des délégations représentatives.
Les antagonismes et enjeux anthroponomiques montent avec les exigences d’une autre vie pour les êtres humains.. Mais se heurtent aux dominations étatiques, culturelles, monopolistes.
Partages d’informations de la révolution numérique et ambivalences fondamentales.
La révolution numérique et la télé-numérisation intermédia de toutes les informations humaines[18] exacerbent et à la fois mettent en cause les séparations éditeurs/auteurs/lecteurs dans la culture et la vie en société. La prédominance de dialogues interactifs monterait, opposés à la scission « auteurs / lecteurs », avec la rotation des rôles pour chacun.e entre apport et réception. Un partage des activités de création informationnelle deviendrait possible à tous les niveaux, avec les sites et blogs personnels ou d’associations.
Mais à l’inverse, les exigences de capacités créatrices et du financement peuvent entraîner les prises de contrôle d’activités, leur utilisation par la publicité, la domination des services par les groupes monopolistes. Les créations informationnelles comprennent la montée des images et sons du multimédia, aux côtés des signes de l’écriture, une accessibilité partagée ,à l’opposé des difficultés de l’écrit, abstrait. Mais ces potentialités sont d’abord récupérées par le système pour renforcer la monopolisation des représentations et nourrir l’identification du public aux communicateurs dominants.
Les relations au temps historique monteraient, à l’opposé de la valorisation de la dernière nouveauté, mais l’information nouvelle devrait rester ouverte aux retransformations possibles et aux modifications opérées par chacun.e. On s’ouvrirait à la prospective, au développement du virtuel. Chacun.e pourrait participer à un processus de création, malgré les ambivalences et fractures sociales dans l’accès au numérique, avec la nécessité de luttes nouvelles
Dérives du système et défis de nouvelles interventions culturelles.
La révolution informationnelle participe à la diffusion mondialisée de l’hyperlibéralisme. Cela va de la liberté émancipatrice des mœurs à celle de perversités ; l’enrichissement des informations accessibles jusqu’à des activités criminelles.
Les nouvelles conditions techniques facilitent des efforts citoyens de contrôles démocratiques nationaux et internationaux, une maîtrise concertée par des groupes d’usagers associés. Face aux dominations des entreprises multinationales et des appareils étatiques, pourraient intervenir l’utilisation grandissante des moyens de la révolution informationnelle par les associations non lucratives et d’intérêt social, les universités et institutions de recherche, ou les partis politiques. De nouvelles associations d’usagers, des réseaux citoyens devraient être favorisés par les pouvoirs publics ouvrant de nouveaux droits[19]. Monterait l’exigence de chartes des droits des internautes, de nouvelles formations publiques ou associatives, de rencontres de proximité entre créateurs et utilisateurs, d’institutions concertées de vérification et d’arbitrage.[20] Une alternative majeure s’ouvre : va-t-on vers l’appui des pouvoirs publics à la maîtrise par les acteurs ? Ou vers leur soutien renforcé à la domination des appareils étatiques et commerciaux[21].
Monte l’urgence de transformations profondes économiques et anthroponomiques de notre société, pour une nouvelle civilisation. Il ne s’agit pas seulement du moment politique de l’anthroponomie, avec l’exacerbation du présidentialisme et des institutions supranationales. Cela concerne des dominations, aujourd’hui en crise, des chefs de famille, des dirigeants d’entreprise, etc. Dans le champ politique, monteraient des pouvoirs décentralisés de démocratie participative et d’interventions directes de chacun.e, des concertations institutionnalisées, au plan régional, national, zonal et mondial, jusqu’aux institutions internationales. Une culture de l’humanité, commune et diverse, reposerait sur un nouvel humanisme de paix, de tolérance, de partage, d’intercréativité, de respect de la dignité créatrice de chacun.e, de rapprochement des religions, avec un nouvel œcuménisme opposé aux intégrismes. Ainsi que l’essor des luttes sociales, politiques, culturelles et la convergence de trois bases sociales d’émancipation : les catégories de salariés, les femmes et les rapports entre genres ou générations, les immigrés et les peuples et aires culturelles de l’humanité.
[1]Paul Boccara, « Sur la révolution industrielle du XVIIIe siècle et ses prolongements jusqu’à l’automation », La Pensée,n°115, juin 1964.
[2] Jean-Claude Guedon, Internet, le monde en réseau, Gallimard, 1996, p.23.
[3] François Horn, L’économie des logiciels, La Découverte, 2004, p.7.
[4] Jacques Vallée, Au cœur d’Internet 2003, trad. française, Balland, 2004, p.248.
[5] Françoise Benhamou, Joëlle Farchy, Droits d’auteur et copyright, La Découverte, 2007, p.78-79 et 87-92.
[6] Jacques Vallée, Au cœur d’Internet, op. cit.p.10-14.
[7] Jeremy Rifkin, L’âge de l’accès, New York, 2000, trad.française, La Découverte, 2000, p.9-11 et p.29.
[8] Ibid.p.423-431.
[9] Paul Boccara., « Révolution informationnelle et débuts possibles d’un nouveau type de régulation dans un système mixte ouvert », Mondes en développement, tome 20, 1992, n°79-80.
[10] Dans toutes les entreprises, les actifs immatériels (brevets, logiciels, propriété artistique liée à la publicité, etc.) ne cessent de progresser et d’augmenter la valorisation financière du capital (Maurice Lévy, Jean Pierre Jouyet, L’économie de l’immatériel, Rapport au ministre de l’Économie, Paris, 2006).
[11] R.Verzola, Cyberlords : The Rentier Class of the Information Sector, 1997.
[12] Joachim Bischoff, Paul Boccara, Karl Gorg Zin, u. a., Die Fusions-Welle, VSA Verlag, Hambourg, 2000.
[13] Danièle Linhart, La modernisation des entreprises, La Découverte, Paris, 1994. – Laurence Théry,(dir) Le travail intenable. Résister collectivement à l’intensification du travail, La Découverte, 2006. – Stéphen Bouquin, La valse des écrous, Syllepse, 2006.
[14] Nasser Mansouri-Guilani, Que se cache-t-il derrière la nouvelle économie ? VO éditions, Paris, 2001, p.22. – F. Horn, L’économie des logiciels, op.cit., p.10.
[15] Ramon Compañó, « Les fondements de l’industrie du futur », Pour la Science, édition française de Scientific American, déc. 2001, p.132. Alain Obadia, Les nanotechnologies, Avis et Rapports du Conseil Economique et Social, J.O. Juillet 2008.
[16] Paul Boccara, « Des partages démocratiques pour maîtriser les marchés et commencer à les dépasser », Économie et Politique, nov.-déc.2000.
[17] Paul Boccara, Une sécurité d’emploi ou de formation, le Temps des Cerises, 2002.
[18] Laurent Cohen-Tanugi, Le nouvel ordre numérique, Odile Jacob, 1999.
[19] J. Rifkin, L’âge de l’accès, op cit., p.380-381. – J. Vallée, Au cœur d’Internet, op.cit., p.298.
[20] J. Rifkin, L’âge de l’accès, op. cit.p.412. – F. Benhamou, J. Farchy, Droit d’auteur et copyright, op. cit.p.90.
[21] Horn, L’économie des logiciels, op. cit, p.113-114.
