Commission économique du PCF
Les propositions du PCF pour le budget 2026 ne visent pas simplement à mettre en regard des recettes et des dépenses résultant d’une redistribution des richesses existantes par des moyens fiscaux. Elles donnent à voir les effets d’un début de transformation radicale du fonctionnement de l’économie, contre l’obsession de la rentabilisation du capital, pour une nouvelle logique de développement de l’emploi, de la formation, des services publics, de toutes les capacités humaines.
Les propositions du PCF pour le budget 2026 traduisent une politique visant à rompre vraiment avec l’austérité et à amorcer une dynamique vertueuse de développement de l’économie et d’une croissance saine, d’un tout autre type, car s’appuyant sur le développement des capacités humaines, condition nécessaire d’une transformation économique et sociale des productions et des consommations.
Le point crucial est la priorité donnée au développement de l’emploi et de la formation dès 2026, et une action résolue pour desserrer l’étau du capital sur les entreprises, et baisser son coût, c’est-à-dire ses prélèvements. Cela permet de développer l’offre productive efficacement, sans alourdir les coûts totaux des entreprises, avec une autre conception de la compétitivité. Il s’agit de :
- Réaliser 100 000 embauches et préembauches de fonctionnaires dans les services publics pour répondre à l’urgence d’un nouveau développement de tous les services publics, à commencer par l’hôpital, l’école et la recherche.
- Stopper l’hémorragie d’emplois dans l’industrie et les services et permettre la création de 200 000 emplois supplémentaires dans les entreprises, avec les formations correspondantes.
- Mobiliser le crédit pour baisser le coût du capital des entreprises pour les investissements qui développent l’emploi et la valeur ajoutée écologique, donc, l’efficacité du capital. Ceci par la création d’un Fonds de bonification sélective et la mobilisation du pôle public bancaire.
Cette première impulsion est favorisée par la mobilisation d’avances financières à travers la création d’un Fonds d’avances pour les dépenses publiques. Cette impulsion se poursuivrait dans les années suivantes jusqu’à la création de 2 millions d’emplois supplémentaires à l’horizon 2030.
Le « choc d’efficacité » donné par les embauches, par l’essor massif de la formation et par des choix de productions et d’investissements visant systématiquement à améliorer l’efficacité du capital matériel et financier, y compris en économisant l’énergie et les ressources naturelles, favoriserait une nouvelle croissance. Le PIB progresserait de 2,6 % en 2026 (contre 1,2 % en 2024 et 0,7 % en 2025). Ce redressement résulterait à la fois d’un « choc de demande » (hausse du SMIC, répercutée sur toute la grille des salaires, produisant une augmentation globale de 3 % de la masse salariale, redressement des services publics et de la protection sociale) et d’une réorientation des gestions d’entreprises en faveur de l’emploi, de la formation et de l’amélioration de l’efficacité du capital, c’est-à-dire en quelque sorte un « choc d’offre ».
La mise en place de crédits bonifiés, sélectivement destinés aux entreprises qui s’engageront dans cette réorientation, et le début d’une résorption du « cancer financier » qui pèse sur les entreprises, permettent d’engager un développement de l’offre et de dégager les ressources nécessaires pour augmenter fortement les dépenses de développement humain : embauches, formation des salarié.e.s, hausse des salaires, amélioration des conditions de travail.
Ainsi, pour les sociétés non financières, les prélèvements du capital (intérêts et dividendes versés) diminueraient de 5,5 points, en pourcentage de la valeur ajoutée, entre 2025 et 2026. À l’inverse, les dépenses de développement humain gagneraient 5,4 points de valeur ajoutée. Elles incluent le financement des dépenses publiques et sociales ainsi que l’augmentation de l’emploi, des salaires et des qualifications.
| % de la valeur ajoutée | 2022 | 2023 | 2024 | 2025 (est.) | 2026 |
| Dépenses de développement | 71,7% | 69,0% | 69,9% | 69,8% | 75,3% |
| Prélèvements du capital | 26,6% | 29,8% | 31,9% | 32,8% | 27,3% |
| Taux de marge | 30,8% | 32,8% | 32,2% | 32,2% | 27,7% |
| Taux d’investissement | 22,8% | 22,3% | 21,7% | 21,7% | 21,7% |
Le taux de marge, représentatif de la part des profits d’exploitation dans la valeur ajoutée, reculerait de 4,5 points mais, dans la nouvelle logique économique amorcée par le budget 2026, cela ne nuirait pas à l’effort d’investissement des sociétés non financières. Le taux d’investissement resterait stable entre 2024 et 2025.
Il en résulterait un fort besoin de financement des entreprises, qui serait largement couvert par le dispositif de prêts bonifiés, à faible coût pour les entreprises, prévu dans le programme et reposant sur une nouvelle sélectivité (emploi et écologie).
