Trump a-t-il sous-estimé la Chine ?

Dominique Bari

Trump et l’impérialisme américain ont un ennemi, la Chine. La République populaire s’est donné des moyens de riposter mais elle doit, en même temps, affronter les contradictions de son propre développement [1].

Il est important de revenir sur la rencontre de Genève et les négociations sino-américaines qui s’y sont déroulées les 10 et 11 mai. Ces négociations se sont conclues par une trêve de quatre-vingt-dix jours avec une réduction des droits de douane. Il est crucial d’en parler car cela représente un concentré de la situation et du conflit sino-américain actuel. Cet accord n’était pas véritablement attendu aussi rapidement. Il s’est fait, et tout le monde a été surpris.

Il convient de décortiquer ce qui s’est passé. Vincent Vicard a mentionné le premier mandat de Trump et les premières mesures tarifaires prises contre la Chine en 2017, avec les accusations de pratiques commerciales déloyales et les déséquilibres des échanges au détriment des États-Unis [2]. Ces premières sanctions concernaient des milliers de produits chinois, des interdictions d’exporter de la haute technologie vers la Chine et d’importer certains matériels en concurrence avec les produits américains, comme ceux destinés à la 5G.

Comme l’a rappelé Vincent, l’administration Biden a poursuivi l’offensive : de nouveaux droits de douane ont été imposés, portant sur les technologies vertes et stratégiques. Ce qui confirme le consensus américain entre républicains et démocrates, pour lesquels la cible principale des États-Unis est la Chine. En 2025, le retour de Trump a vu une reprise brutale du conflit qui s’est transformé en un affrontement économique d’ampleur mondiale. Les tarifs douaniers massifs et les contre-mesures ont paralysé les échanges bilatéraux, ébranlé les marchés et perturbé les chaînes ‘approvisionnement.

Un conflit géostratégique qui vient de loin

Deux points sont à relever : premièrement le conflit actuel ne constitue pas une véritable rupture dans la politique américaine. Deuxièmement la question des tarifs douaniers envers Pékin est de nature différente qu’avec le reste de la planète. Dans le second cas, les taxes s’inscrivent dans le cadre d’une économie commerciale mondiale concurrentielle. Pour la Chine, il s’agit d’une confrontation de fond, stratégique et idéologique entre les deux grandes puissances mondiales qui plonge ses racines dans la projection américaine unipolaire du monde après l’implosion de l’URSS.

Rappelons ainsi le document classifié du ministère de la Défense américain de 1992 qui proclamait : « la mission politique et militaire de l’Amérique dans l’après-Guerre froide sera de veiller à ce qu’aucune superpuissance rivale ne puisse émerger, capable de contester la suprématie américaine ». En 1992, la Chine débute juste son décollage économique. Elle n’est pas particulièrement visée par cette menace qui va se concrétiser et monter en force au fur et à mesure que la Chine prendra du poids à l’échelle mondiale et affirmera son émancipation envers l’hégémonie de Washington.

Les relations se tendent dans la première décennie du XXIe siècle. L’un des tournants est le « pivot asiatique » imposé par Obama en 2010, qui ouvre en quelque sorte les hostilités. Il concrétisait véritablement ce que les Américains ambitionnaient de faire avec leurs alliés pour contenir la montée en puissance de la Chine. Au fil des ans, de partenaire, la Chine devient une rivale et pour Washington l’ennemi public numéro un. L’UE a suivi en la désignant comme rivale systémique.

L’offensive trumpienne aujourd’hui est d’une rare violence et a un impact sur l’économie mondiale. À Genève, il a été décidé une baisse des barrières douanières de 125 % à 10 % pour la Chine et de 145 % à 30 % pour les États-Unis. Un processus de négociation doit normalement se poursuivre. Quels en seront les effets ?

Les premiers commentaires ont parlé d’une « victoire » chinoise et d’un « recul » de Trump. Que peut-on en dire ? Aux salves de Trump, la Chine mieux préparée qu’en 2017, a répondu au coup par coup.

Dès mars, elle avait massivement réduit ses avoirs en dette américaine en cédant près de 19 milliards de dollars de bons du Trésor américain. Elle a décidé une baisse significative d’achat des produits agricoles américains, dont le soja, au plus grand bénéfice du Brésil, une restriction des exportations de certains métaux stratégiques, des terres rares lourdes dont elle assure la majeure partie de l’extraction et la quasi-totalité du raffinage. Enfin, la décision du 16 avril de bloquer la livraison d’avions Boeing déjà commandés, ainsi que des pièces d’équipement aéronautique et pièces détachées, a sonné l’alarme pour Trump, qui, selon son entourage, ne s’attendait pas à cette résistance de la Chine.

Dans le même temps, Pékin avait organisé le forum Chine-Amérique latine, où, devant un parterre de dirigeants latino-américains, Xi Jinping délivrait son message : « Nous sommes les défenseurs du multilatéralisme, du libre-échange et de la coopération ». A l’appui il annonçait un certain nombre de mesures et de plans pour augmenter et approfondir les coopérations, que ce soit sur le commerce ou le numérique, entre autres avec le continent latino-américain autrefois pré carré de Washington. La quasi-simultanéité des deux évènements n’est évidemment pas fortuite.

Cette capacité de résistance a été sous-estimée par Trump et manifestement aussi par son entourage (d’ailleurs réorganisé) en charge des questions chinoises. Comme a été sous-estimée la cohérence du projet politique chinois de développement, sa nature et sa finalité. Ce processus de développement, depuis quarante-cinq ans environ, s’inscrit dans une vision de l’histoire du pays et de l’état d’esprit des dirigeants et de la population chinoise.

Le projet politique chinois de développement

Le poids de la Chine dans l’économie mondiale est resté central, en gros depuis l’époque romaine jusqu’au XIXe siècle, avec un sommet en 1820 où la Chine représentait le tiers de l’économie mondiale. Le déclin de l’empire au XIXe siècle, avec les occupations étrangères, son démantèlement est profondément ancré dans la mémoire collective chinoise.

Pour comprendre le décollage de la Chine il convient de revenir à ce contexte historique précis du « siècle d’humiliation », devenu le socle du récit national, qui a vu le pays perdre sa souveraineté, et à la fondation en 1921 du Parti communiste chinois. L’objectif premier proclamé dès cette époque est d’assurer le développement du pays, garantir sa prospérité et son indépendance afin de lui redonner une place centrale dans le monde.

Cette ambition est réaffirmée en 1949 au moment de la fondation de la République populaire de Chine illustrée par le discours de Mao Zedong du 1er octobre « La Chine est debout » ! Elle est reprise plus fortement cette dernière décennie par Xi Jinping dans la confrontation avec Washington. Elle s’exprime en ces termes : atteindre une « société de moyenne aisance » en 2020-2025, puis devenir la « première puissance innovatrice » en 2035, et en 2049 « un pays socialiste prospère, puissant et souverain ». Ce sont les étapes qui sont annoncées par la direction du PCC en écho avec ce que disait Li Dazhao, un des fondateurs du Parti communiste chinois des années 20, qui constatait que « La Chine est tombée de la caravane du progrès humain » et s’interrogeait sur les raisons de cette chute. Toutes les explications, toutes les recherches, tous les débats qui se sont construits tout au long du siècle, et qui se poursuivent encore aujourd’hui, veulent répondre à cette question. D’où me semble-t-il la nature du projet communiste chinois : autant nationaliste, au sens nationaliste de souveraineté, qu’une révolution sociale et politique.

Cette question fondamentale posée en Chine au tournant du XXe siècle est toujours actuelle et en génère bien sûr une autre qui s’inscrit dans l’évolution historique à des périodes données : Quelle voie de développement adaptée aux réalités chinoises – population énorme, main-d’œuvre rurale excédentaire et peu de terres arables – doit être adoptée ? Elle engendre de nombreux débats dont celui de la modernité : est-ce l’apanage de l’Occident et du capitalisme ? Aussi sur le rôle et la nature du marché dont l’introduction en 1978 est définie par Deng Xiaoping, non comme une finalité mais comme outil pour développer les forces productives.

Un projet « socialiste » d’intégration dans la mondialisation capitaliste ?

La transformation économique amorcée par Deng cible quatre modernisations à suivre de près : l’agriculture, l’industrialisation, les sciences et technologies et la défense nationale. Autre question : quels sont les moyens pour moderniser ? Deng répond : « On va jouer le jeu du capitalisme international. » Donc, la Chine se lance dans la mondialisation libérale existante, instaurant de ce fait, au fil des ans, un système qui est le fruit d’influences hybrides, multiples et bien entendu contradictoires : on relève des paradoxes dans les étiquettes mêmes employées par le PCC pour définir le processus au fil de ses étapes – « économie socialiste de marché », « stade primaire du socialisme » – , confrontées à l’utilisation de méthodes capitalistes pour développer le pays.

La Chine devait à l’époque devenir l’atelier du monde, avec une croissance économique de 10 % voire plus dans certaines régions, où elle a atteint 14 %. En vingt-cinq ans, la part du commerce extérieur dans le PIB explose, passant de 5 % en 1970 à 50 % en 2010. La Chine devient le premier exportateur mondial. La consécration de ce décollage fulgurant est l’adhésion à l’OMC en 2001 avec le statut de pays en voie de développement. Cela consacre effectivement les liens de la Chine avec le capitalisme international. Pour Clinton, alors président des États-Unis, l’adhésion « est une opportunité pour le capitalisme mondial. » C’est clair et net.

Pour la Chine, l’objectif n’est pas de créer un système capitaliste, mais d’utiliser les ressources du marché, les capitaux étrangers avec transfert de technologie pour développer la richesse du pays, permettant de répondre aux besoins de la société chinoise, à l’élévation du niveau de vie, au renforcement de son indépendance et de sa souveraineté. C’est un vaste programme, et je renvoie aux documents et textes publiés pour bien comprendre aujourd’hui, dans la continuité, l’ampleur des débats, de la réflexion théorique et de l’expérience pratique qui anime la politique chinoise.

En trente ans, c’est sous l’égide de l’État et du Parti communiste que la Chine s’est profondément intégrée à la mondialisation capitaliste. Il n’y a pas eu de big bang. C’est une ouverture qui reste très contrôlée, très contrôlée aussi pour les multinationales. Ce sont les autorités qui décident des secteurs d’investissement en fonction des priorités qu’elles ont définies. Il n’y a pas de véritables entreprises étrangères indépendantes, mais des joint-ventures avec des partenaires chinois. On donne la priorité au secteur public, à sa modernisation, à son efficacité pour qu’il soit compétitif, et les entreprises d’État sont appelées – et elles le deviendront – à devenir des acteurs actifs et concurrentiels.

La Chine reste maîtresse de son développement. L’État planifie et coordonne l’ensemble des activités économiques. La cohérence du projet est maintenue par les plans quinquennaux. On achève en 2025 le 14ème plan quinquennal. Le plan quinquennal est un atout pour coordonner et rassembler les ressources économiques et sociales dans la durée. La Chine est en train de mettre en place le 15ème plan dont la préparation mobilise la nation via une consultation populaire par les réseaux sociaux, la presse, les réunions de quartier, de villages. Ce n’est pas nouveau. Pour les autorités c’est un moyen de prendre le pouls des diverses couches de la société et conforte le compromis social sur lequel le décollage économique n’aurait pu se faire. Un compromis social qui ne peut cacher la forte exploitation ouvrière dont ont bénéficié les multinationales, ni les grèves et fortes contestations sociales qui traversent le pays. Cependant, ce compromis social se maintient par la dynamique économique qui assure le développement et de ce fait garantit la légitimité du parti.

Cette croissance fulgurante qui a permis la hausse du niveau de vie avec la sortie de 500 millions de personnes de la pauvreté en Chine (Banque mondiale, 2009) a un coût social et environnemental lourd. La priorité absolue accordée au PIB est porteuse de forte inégalités territoriales et sociales (entre urbains et ruraux, entre classe ouvrière et classe moyenne, ou encore entre citadins et mingongs qui, ne bénéficiant pas du Hukou(permis de résidence), sont exploités dans les villes et ont des conditions de travail et de vie déplorables.

Notons aussi une politique démographique éprouvante pour l’ensemble de la société.

Le tournant de la crise de 2008

Ces réalités ont poussé les autorités chinoises à réorienter la voie de développement. La crise de 2008 va précipiter ces changements. Du fait de l’effondrement de ses exportations vers les pays occidentaux en récession en 2009 et de l’insuffisance rémanente de sa demande intérieure, des surcapacités de production sont apparues.

La crise pointe une dépendance trop marquée à l’égard des marchés mondiaux, notamment étatsuniens et européens alors qu’émergent de fortes tensions géopolitiques avec les Etats-Unis, puis l’UE.

La Chine affirme alors sa volonté d’émancipation qui se traduit par de nouvelles réformes sur le plan national et un nouveau positionnement à l’international :

Le Parti communiste s’efforce de réorienter l’économie chinoise vers les services et le marché intérieur pour créer ce qu’il appelle une « nouvelle normalité », plus qualitative et plus durable. La croissance est sensiblement plus lente car davantage tirée par le développement des services. En 2024, le secteur des services a contribué à 56,7 % du PIB, l’industrie à 36,5 % et l’agriculture à 6,8 % .

Le point noir reste la part de la consommation intérieure reste faible. Elle nécessite l’extension des mesures sociales essentielles malgré la hausse des salaires, l’amélioration des retraites en milieu rural, le soutien aux enfants de migrants. La protection sociale est encore très inégale.

L’arrivée au pouvoir de Xi Jinping a correspondu à la réorientation de l’économie chinoise vers une meilleure qualité de la croissance (moins quantitative), plus redistributive et plus durable. Elle a aussi correspondu avec la montée de la tension avec les Etats-Unis.

Le défi de la révolution informationnelle

En cause notamment, la décision de booster la révolution de la haute technologie. Wen Jiabao disait en 2010 : « Nous sommes juste après la rupture de 2008 et la crise qui va accentuer la rupture entre la Chine et les États-Unis. La crise financière est en train de faire naître une nouvelle révolution industrielle et technologique. Le développement de cette nouvelle industrie décidera de l’avenir de notre État. »

C’est la réparation. Les Chinois ont raté la révolution industrielle, ils veulent la révolution technologique. En 2015, le plan « Made in China 2025 » lance la révolution technologique en Chine, basée sur le développement des semi-conducteurs, de la robotique, du spatial, du quantique et de l’intelligence artificielle. Les dépenses en recherche et développement ont dépassé en 2020 celles de l’Europe et se rapprochent de celles des États-Unis. L’augmentation de ces dépenses représente 80 % de l’augmentation totale des dépenses de l’OCDE depuis 2000. En quelques années, 150 technopoles vont couvrir le territoire chinois, que ce soit dans les zones maritimes ou les zones intérieures. Les entreprises publiques et privées sont appelées à se concentrer sur le projet chinois défini par l’État.

L’objectif est de passer de « l’usine du monde » au « laboratoire du monde » pour remonter la chaîne des valeurs.

Le capitalisme occidental, notamment américain, considère cette ambition comme une menace mettant en cause son hégémonie. Cette révolution technologique devient le cœur de l’affrontement.

L’autre volet de cette nouvelle période repose sur les nouvelles revendications chinoises sur le plan international. Xi Jinping a mis fin à la politique du profil bas, promue par Deng Xiaoping. Pékin s’est lancé dans une contestation de plus en plus forte de l’ordre mondial sous hégémonie étatsunienne.

Entre 2021 et 2023,Xi lançait trois initiatives visant à promouvoir le multilatéralisme : l’Initiative pour le développement mondial, l’Initiative pour la sécurité mondiale et l’Initiative pour la civilisation mondiale. Elles structurent désormais la politique étrangère chinoise.

Elle renforce ses liens avec les pays du sud création de forums : chine Afrique/ chine pays arabes Chine / Amérique latine.

Elle relance l’Organisation de coopération de Shanghai créée en 2001 avec la Russie et pousse au développement des BRICS.

En 2013, Pékin lance l’initiative des « Routes de la Soie », la « Belt and road initiative » (BRI) avec la création d’une Banque asiatique d’investissement. 150 pays vont y adhérer (deux tiers des pays latino- américains). Réaction de Larry Summer, secrétaire d’Etat étatsunien de l’époque : « On s’en souviendra comme du moment où les États-Unis ont cessé d’être le garant du système économique mondial ». Pour la Chine, la BRI est un outil de restructuration internationale.

En 2014, au sommet des BRICS de Fortalezza, la création d’une banque commune de développement et d’un fonds de réserves va catapulter l’organisation sur la scène internationale et favoriser son attractivité auprès des pays émergents.

Le tout s’accompagnant d’une remise en cause de plus en plus nette de l’hégémonie du dollar. En2009, Pékin avait déjà lancé un pavé dans la mare à la veille du sommet du G20 à Londres en posant ouvertement la question de la viabilité à terme du billet vert comme monnaie de référence dans les échanges internationaux.

Les dirigeants chinois vont forcer la marche, non pour tenter de « dédollariser » le monde mais faire en sorte de pouvoir s’en passer. En 2010, moins de 1 % des paiements transfrontaliers de la Chine avaient été réglés en RMB, contre 83 % en dollars ; en mars 2024, de la moitié (52,9 %) de ces paiements, était libellée en yuan soit un doublement en seulement cinq ans.

On voit donc dans les années qui ont suivi la crise de 2008 comment la Chine s’est préparée à la confrontation avec la première puissance mondiale en développant ses liens commerciaux avec le Sud global en diversifiant complètement ses importations et exportations pour assurer son indépendance et tenter de régler son énorme problème de surcapacité de sa production.

Elle est devenue le premier partenaire commercial de L’Amérique latine. On peut aussi rappeler la mise en place en 2020 du Partenariat économique régional global (RCEP) signé par 15 pays de l’Asie-Pacifique (sauf USA et Inde)

Les exportations en direction des États-Unis ont chuté : elles représentaient 19,2 % du total en 2017, contre 14,7 % aujourd’hui. Les importations de la Chine en provenance des États-Unis représentent moins de 1 % de son PIB.

Dans le même temps, celles destinées aux pays de l’ASEAN et aux partenaires de Pékin au sein des Nouvelles routes de la soie sont passées, respectivement, de 12,8 % à 16,4 % et de 38,7 % à 47,8 %. Pékin a également réduit la part des multinationales dans ses exportations : en 2005, elle atteignait 58 % En 2021, elle n’était plus que de 34 %, les sociétés locales répondant de plus en plus à la demande mondiale.

Cette stratégie commerciale chinoise est indissociable de la stratégie géopolitique et militaire des Etats-Unis en Indo-Pacifique qu’il conviendrait de développer. Notons les différentes alliances imposées par Washington dans la région, dans la perspective de créer un bloc anti-chinois, autour notamment de la question de Taïwan pour « endiguer » la Chine. Citons-le QUAD /AUKUS/JAKUS avec les principaux voisins de la Chine lesquels dans leur ensemble ne s’inscrivent pas dans la stratégie de blocs défendue par Washington compte tenu de l’importance des relations commerciales régionales.

 Aujourd’hui, la Chine joue la carte d’une référence de stabilité mondiale par rapport à l’imprévisibilité de Trump. Elle mise sur la mondialisation, elle mise sur le libre-échange, pour poursuivre son développement et surmonter ses propres difficultés intérieures dont les principaux points noirs sont aujourd’hui sa démographie avec une population vieillissante, le chômage des jeunes et le temps que prendra sa transition de croissance économique des industries manufacturières traditionnelles à forte main d’oeuvre vers les secteurs de la haute technologie et de la transformation numérique.

En première conclusion nous pouvons dire que la voie de développement de la Chine est ouverte. le processus n’est pas figé et doit faire face à de nouvelles contradictions, d’où les nombreuses interrogations sur le futur chinois.

Par sa montée en puissance, la Chine a participé à la recomposition du monde et sérieusement écorné le leadership étatsunien.


[1] Voir la série de notes d’Yves Dimicoli, accessibles sur le blog d’Économie&Politique : https://www.economie-et-politique.org/2025/01/06/ou-va-la-chine/

[2] Cet article développe l’intervention de l’autrice au colloque de la Fondation Gabriel Péri dont nous rendons compte dans ce numéro : Denis Durand, « « 60 ans de crise du capitalisme monopoliste d’État, où on est-on ? Poursuivre la confrontation d’idées ».