Intégration commerciale en Asie (RCEP ) : défi ou opportunité ?

Quinze pays d’Asie ont signé, le 15 novembre 2020 à Hanoï (Viet Nam), une méga-entente commerciale, promue par les pays de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du sud-est) et la Chine, à l’occasion d’un sommet virtuel concluant les négociations du plus grand accord de libre-échange de la planète lancées à Bali (Indonésie) en 2011. Cette nouvelle architecture a été édifiée sans l’Inde, qui s’en est finalement séparée, à l’initiative du nationaliste Narendra Modi, mais y demeure invitée. Elle émerge sans les États-Unis mis, pour l’heure, hors-jeu par Trump. Le RCPE, moins ambitieux que d’autres accords de libre-échange (Union européenne, États-Unis – Mexique – Canada (AEUMC)…) va cependant amorcer une nouvelle phase d’intégration commerciale de la zone, renforcer son attractivité et y consolider la centralité de la Chine, marquant l’échec de la stratégie trumpienne de « découplage » des États-Unis

Les effets sociaux de la crise actuelle sur le marché du travail chinois : un choc considérable, une réponse vertigineuse

L’enquête ici synthétisée montre l’ampleur du choc que connait la Chine (plus de 70 millions de personnes qui ont perdu leur emploi). Si les industries exportatrices apparaissent relativement peu touchées, les travailleurs migrants et les indépendants (les deux catégories pouvant se confondre et se renforcer) apparaissent particulièrement touchés. La réponse du gouvernement chinois est considérable puisque 3 700 milliards de dollars ont été débloqués pour l’assurance-chômage et les minima sociaux, soit 27 % du PIB.

Conjoncture : de chocs en chocs, tout un système en cause

Le choc est devenu systémique, entraînant le risque d’une récession de plusieurs points, avec un horizon de sortie de crise d’autant plus incertain que, désormais, après des années de sur-accumulation intense de capital, d’ inflation accélérée des marchés financiers et de rivalités commerciales, alors que la croissance réelle freinait, se profilent des risque aigus d’amplification systémique d’ordre financier, mais aussi social et politique.