Depuis les années 1970, une crise structurelle non résolue ?

20 février 2022 Clément Chabanne 1

• Le taux de profit, régulateur du système économique capitaliste, dépend du taux d’exploitation et de la composition organique du capital. Ces notions théoriques peuvent faire l’objet d’une mesure approchée à l’aide des données de la comptabilité nationale, ici sur le cas de la France.
• La deuxième moitié des années 1960 a ouvert une phase durable de difficultés de l’accumulation du capital.
• Les réformes « néolibérales » des années 1980 ont permis une forte augmentation du taux d’exploitation, voire un certain relèvement temporaire de l’efficacité du capital.
• Mais les évolutions observées depuis le début du XXIe siècle suggèrent que les effets d’une suraccumulation durable de capital l’emportent de nouveau, prolongeant de façon inédite la phase longue de difficultés.

Comment les économistes expliquent-ils les crises ? Une lecture de l’ouvrage de Paul Boccara Théories sur les crises, la suraccumulation et la dévalorisation du capital  Partie 1 : Les économistes ne se réclamant pas du marxisme

23 juin 2021 Thalia Denape 1

Marx a mis en lumière le caractère profondément contradictoire de l’économie capitaliste. Développant les analyses du troisième livre du Capital et allant au-delà, Paul Boccara a étudié comment les multiples événements qui affectent la vie économique – crises, récessions, cycles de moyenne ou de longue période, transformations structurelles… – s’expliquent en profondeur par des processus de suraccumulation et de dévalorisation du capital. Dans un ouvrage d’une grande richesse et d’une grande profondeur théorique i, il a rendu compte de la façon dont sa recherche s’est nourrie d’une lecture approfondie de toute la littérature économique, des origines à la période la plus contemporaine. Il y étudie les auteurs appartenant à toutes les écoles de pensée en partant de la façon dont chacun a tenté d’expliquer les crises économiques : par l’excès de consommation, par son insuffisance, ou par la tentative « dualiste » de prise en compte de ces deux aspects. Il s’attache à repérer en quoi ces différentes approches, et la critique qu’on peut en faire, peuvent éclairer la recherche d’une analyse systémique des crises. Nous publions ici le premier de deux articles qui se sont confrontés au défi de la lecture de cet ouvrage comme guide d’une histoire de la pensée économique à propos des crises.