Politique budgétaire et dette, quels effets ?
L’épouvantail de la dette est bien utile aux tenants de l’austérité pour intimider toute tentative de mettre en cause le pouvoir des marchés financiers mais […]
L’épouvantail de la dette est bien utile aux tenants de l’austérité pour intimider toute tentative de mettre en cause le pouvoir des marchés financiers mais […]
Dans les votes exprimés lors des dernières élections législatives, la question des services publics, des droits et de la démocratie est venue au devant de la scène. Il ne peut cependant pas y avoir de reconquête des services publics sans les budgets correspondants.
Il y a près d’un siècle, John Maynard Keynes avait identifié les effets désastreux des politiques de restriction monétaire et de déflation budgétaire inspirées par les théories néoclassiques, encore dominantes aujourd’hui. Participant à la recherche d’une issue à la crise des années 1930, il mettait en cause le dogme de l’équilibre budgétaire et montrait en quoi une stimulation budgétaire de l’économie devait s’accompagner d’une expansion monétaire.
Depuis plusieurs années, nous avons pris l’habitude de vivre des débats plutôt tendus et souvent obscurs autour du projet de loi de Finances (PLF), c’est-à-dire à propos de la construction du budget de la France qui, soit dit en passant est un des actes démocratiques fondateurs de la République.
Extraits de la discussion entre économistes sur le programme du Nouveau Front populaire, Fondation Gabriel Péri, 27 mai 2024.
Faire des avances à 0 % pour embaucher et former pour la santé, l’hôpital, l’école, la protection sociale, les retraites et financer un grand plan de formation pour une nouvelle industrialisation au lieu d’étrangler les chômeurs !
Face à la mise en œuvre méthodique d’une déstabilisation complète du modèle d’éducation et de recherche publiques, notre commission met en débat un contre-projet qui propose de nouveaux jalons en vue de mettre un terme à cette casse et de répondre aux multiples crises, écologique, économique, sociale et culturelle auxquelles nous devons faire face.
C’était prévisible ! Dans le numéro 830-831 de la revue Economie et Politique, nous disions : « le budget 2024 se présente sous le double signe de l’austérité et de l’incertitude ». Austérité car pour revenir aux 3 % du pacte de stabilité, il fallait engager 16 milliards d’euros d’économies (10 milliards d’euros au titre de la sortie du bouclier tarifaire). Incertitude car malgré les coupes annoncées, il ressortait clairement que l’optimisme de la prévision de croissance (1,4 %) sur laquelle reposait ce budget le rendait irréaliste, voire insincère.
Les contradictions du projet de budget 2024 révèlent la nécessité d’imprimer aux politiques économiques une logique radicalement opposée à celle qu’inspire, année après année, la volonté de mettre l’action publique au service du capital.
Alors que la trappe à précarité installée au début des années 2000 expédie des centaines de milliers de salariés sous le seuil de l’indigence, les emprisonnant dans des petits boulots sans espoir de promotion, le délabrement du système d’éducation public, sous les coups du « frein à la dette » rationnant les dépenses publiques, creuse encore l’injustice de classe.
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